‹ Institutions de SparteChapitre 41 sur 242 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

possesseur de la plupart des conquêtes , le renouvellement du serment à Olympie , à Delphes , à Gorinthe, à Athènes, à Sparte, tous les ans, ne supprimèrent pas les causes de conflit. Athènes restait la tête de la Grèce, et dix ans de guerre avaient épuisé les Lacédémoniens, sans leur avoir conquis en Grèce une sympathie, ni resserré une alliance.

La paix de Nicias ne fut pas loyalement exécutée par les Spartiates, que la passion de dominer et la haine d'Athènes rendaient de moins en moins esclaves de la foi jurée. Ils ne portèrent pas la guerre dans le pays ennemi, mais ils ne négligeaient aucune occasion de nuire aux alliés d'Athènes ou de contrarier ses intérêts. Ils ne voulaient pourtant pas la rupture ouverte d'une paix qui leur était nécessaire; il leur sufiisait de tenir l'ennemi continuellement sous les armes.

Alcibiade lui-même, dont l'ambition ne cherchait que des prétextes, ne put parvenir à les décider. Appuyé sur Argos, Mantinée et l'Élide, il avait fait interdire aux Spartiates de concourir aux jeux Olympiques, sous prétexte qu'ils avaient violé la trêve sacrée. Un des leurs, honoré d'un prix, avait été ignominieusement chassé de l'enceinte.

Une pareille injure aurait été autrefois une cause immédiate de guerre. Sparte la supporta. Elle voulait bien montrer, en toute circonstance , sa jalousie contre Athènes, lui créer des embarras ou lui faire du mal, mais elle redoutait une guerre ouverte. Alcibiade attaqua ses alliés, et quand elle accourut à leur secours, il fit graver, à côté du traité, que les Lacédémoniens l'avaient violé (419.)

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