‹ Institutions de SparteChapitre 45 sur 242 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Pour façonner tout à son image, Sparte établit dans toutes les villes des gouvernements oligarchiques. Elle faisait violence au génie national, à la tradition, aux intérêts. Le sang cimenta partout ces innovations. Dix hommes gouvernèrent chaque ville, sous la présidence d'un harmoste Spartiate. Ils ne tenaient aucun compte de la justice, considéraient la douceur comme indigne d'eux, et, aussi peu soucieux de la vie humaine que des droits , faisaient régner la terreur pour tout courber sous leur domination. C'est simple et expéditif.

Sparte, qui se proposait comme un modèle à toute la GrècC; était bien loin des cpnditions anciennes qui avaient fait sa grandeur. Le nombre des citoyens était considérablement réduit, l'équilibre entre les pouvoirs n'existait plus, le luxe débordait dans la cité pauvre, l'égalité n'était plus qu'un mot, et l'or, autrefois proscrit, était le maître.

Il y avait un antagonisme constant entre les Spartiates eux-mêmes ; la séparation avec les Laconiens était devenue plus profonde à mesure que l'orgueil se montrait plus irritable, et la haine des hilotes trouvait chaque jour un aliment nouveau.

Les ambitions s'agitaient chez les rois, les généraux, les Spartiates de condition inférieure. Les projets de réforme se multipliaient, indiquant ainsi le malaise social et des aspirations vers un autre état. Une conspiration où se rencontrèrent des éléments nombreux et divers, prouva que le mécontentement était général, et qu'à Sparte, comme ailleurs, on pouvait voir des révolutions.

Page 1