Au dehors, le joug de Sparte était intolérable
Elle levait tous les ans, sur les villes qui avaient dû subir la loi de ses harmostes, un tribut de mille talents (1). Cette somme énorme, qui aurait épouvanté l'austérité des ancêtres, était consacrée, non à la défense de la patrie commune, non, comme Périclès l'avait fait à Athèaes, à l'embellissement de la cité reine, mais à la formation d'un trésor où un petit nombre de privilégiés trouvaient les moyens de satisfaire leur luxe ou de soutenir leur ambition.
Cette conduite n'était pas d'accord avec celle que les historiens attribuent à Sparte dans les époques antérieures. Thucydide fait dire à Périclès {'2) que (( les Lacédémoniens n'ont de richesses ni en particulier, ni en commun, » mais que la nécessité les contraignait à des contributions forcées à l'égard de leurs alliés, tandis que les Athéniens trouvaient des ressources dans le trésor public, dans la fortune des particuliers et dans les contributions volontaires des alliés.
L'historien répète la même affirmation (3) en constatant que les Lacédémoniens caressaient leurs alliés pour les attacher au gouvernement oligarchique
Ces procédés, qui demandent plus de souplesse qu'on n'en avait à Sparte, ne dirigèrent plus sa conduite après la guerre du Péloponèse. Leur politique fut plus ouverte et plus brutale.
Les excès de pouvoir étaient habituels, les faits de violence se multipliaient, et nul n'était rassuré contre
(1) DiODORE DE Sicile, XIV, 10. - Le talent est évalué, à cette époque, de 5,000 à 5,400 francs de notre monnaie.