‹ Institutions de SparteChapitre 47 sur 242 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

la lubricité, ni contre Tavarice de ces maîtres orgueilleux et corrompus.

La politique asiatique ne perdait pas de vue la Grèce. Elle n'avait pu la soumettre, elle essaya de la corrompre, sûre ainsi de l'annihiler ou du moins de l'affaiblir.

Le grand roi ne pouvait soutenir qu'une ville qui ne lui portât pas ombrage. Son or prenait le chemin de Sparte ou d'Athènes , suivant les exigences du moment. Il paraissait généreux en se rangeant du côté du plus faible et devenait ainsi doublement fatal à la Grèce.

Le général Spartiate Thymbron, qui avait recueilli les restes des mercenaires ramenés par Xénophon, conquit ou ravagea l'Éolide, la Bithynie, la Carie, la Chersonèse de Thrace (399). Dercyllidas, qui le remplaça, combattit pendant trois ans contre le grand roi et son satrape Tissapherne.

On ne pouvait assigner aucun but politique au mouvement de ces corps. Les rançons, les indemnités, le pillage, les tributs étaient le prix de leurs expéditions et de leurs succès. La patrie n'y était pour rien. Le métier de mercenaire devenait à la fois honorable et lucratif ; les Spartiates y excellaient.

3. Agésilas, roi de Sparte, après avoir réprimé vigoureusement une conspiration dirigée contre l'oligarchie, reçut le commandement de l'armée d'Asie. Lysandre lui était adjoint, et un conseil de trente Spartiates surveillait ses actes.

Tissapherne, vaincu par les Grecs, fut mis à mort par Artaxerxès (395). Le satrape, gouverneur de l'Asie-Mineure, remit trente talents à Agésilas, qui,

changeant d'ennemi, se rejeta sur la satrapie de Pharnabaze, essaya vainement de la faire révolter, et conçut peut-être le dessein de conquérir pour luimême un pays dont il connaissait la faiblesse.

La Perse avait une force à laquelle la Grèce ne résistait pas. Son or et ses intrigues avaient provoqué contre Sparte une coalition secondée par Thèbes, Gorinthe et Argos. Athènes s'y joignit. Les quatre villes réunirent à Gorinthe une armée considérable (394). Dans une lutte acharnée près de Némée , les Lacédémoniens furent vainqueurs.

Agésilas arriva aux frontières de Béotie, ralliant divers corps. A Goronée, il resta maître, non sans peine, du champ de bataille (394).

Pharnabaze se vengeait de Sparte. Il aida Gonon, général athénien, qui depuis longtemps préparait sa vengeance, à détruire, près de Cnide, une flotte Spartiate. Sur quatre-vingt-cinq trirèmes, cinquante furent prises. Ensemble ils chassèrent les harmostes des îles et des cités grecques de l'Asie. G'était, non les rattacher à la Perse, mais les réunir autour d'Athènes, leur antique métropole, qui grandissait de l'abaissement de sa rivale.

La politique asiatique ne tarda pas à s'en apercevoir. La paix fut résolue, et le moment parut favorable aux ennemis de la Grèce. Sparte était haïe et impuissante; Athènes, attentive, mais irrésolue. Sa chute avait été si profonde, et il lui en avait tant coûté pour reconquérir quelque chose de son indépendance !

Les cités grecques subirent la paix qui porte le nomd'Antalcidas (387). a G'était, dit Plutarque (l), (1) Artaxerxès, 24.

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