‹ Institutions de SparteChapitre 48 sur 242 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

un Spartiate, fils de Léon, si zélé pour les intérêts du roi, qu'il lui fit céder par les Lacédémoniens toutes les villes grecques de l'Asie avec les îles qui en faisaient partie et tous les tributs qu'on en retirait. Telles furent les conditions de cette paix, si toutefois on peut appeler de ce nom un traité perfide qui fit l'opprobre de la Grèce et dont l'issue fut plus ignominieuse que n'aurait pu l'être la guerre la plus funeste. »

Et c'était Sparte qui avait inspiré, discuté et conclu cette paix !

Xénophon (1) apprécie autrement ce traité « dicté par le roi. )> Il croit que les Lacédémoniens y gagnèrent « une supériorité incontestable, » et cela lui suffit. Voici la teneur du traité formulé sous le cachet du roi : « Le roi Artaxerxès regarde comme juste que les villes situées en Asie ainsi que les îles de Clazomènes et de Cypre soient sa propriété, mais que toutes les autres villes grecques, petites et grandes, soient toutes rendues indépendantes, à l'exception de Lemnos, Imbros et Scyros : ces dernières, comme par le passé, seront aux Athéniens. Tous ceux qui n'accepteront point celte paix, je leur ferai la guerre avec ceux qui l'acceptent, et cela, sur terre et sur mer, n'épargnant ni vaisseaux ni argent. »

Les cités ioniennes étaient abandonnées par la Grèce ; la liberté proclamée ravivait les divisions, et les armes réunies des deux antiques ennemis devaient contraindre ceux que l'honneur commun, l'intérêt privé et public auraient rendus peu dociles. Un siècle avait changé bien des choses en Grèce!

(1) Helléniques, \, 1.

Athènes releva ses fortifications avec l'aide de Pharnabaze. Elle essaya d'échapper aux conséquences de la bataille d'^Egos-Potamos, espérant, grâce aux fautes de Sparte, reprendre quelque chose de son ancien prestige. Le panégyrique d'Isocrate, écrit ou prononcé quelques années après (380), donne la mesure de son ambition : c Commander sur mer, pendant que Sparte resterait maîtresse sur terre. »

Un programme si sage est plus facile à énoncer qu'à suivre, car l'ambition étend les limites que la sagesse resserre.

La paix avec la Perse n'amena pas la paix en Grèce. Sparte oubliait la justice pour laisser à l'intérêt sa pleine liberté, et ce qui la servait lui paraissait toujours légitime. Aussi Diodore (1) lui reproche-t-il (( d^avoir perdu par ses fautes un empire exercé sur la Grèce pendant cinq cents ans. ))

En allant combattre , dans la Chalcidique , la confédération formée par Olynthe (38:>), elle avait surprisla Cadmée, citadelle de Thèbes, et la gardait, encourageant tous les excès de l'aristocratie. Une conspiration dirigée par Pélopidas rendit les exilés maîtres de Thèbes, et les harmostes Spartiates durent se retirer.

Une confédération se forma contre Sparte. Sphodrias avait fait contre le Pirée une tentative pour laquelle il fut accusé à Sparte et renvoyé impuni. Plus irritée que jamais, Athènes, n'osant pas courir seule les chances de la guerre, réunit TEubée, Rhodes, Chios, Mitylène, Byzance, presque toutes les villes maritimes.

(Ij Livre XV.

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