POLYBE, VI
Elle n'essaya pas de reconquérir ce que ses fautes lui avaient fait perdre. Sa cupidité la portait aux expéditions lointaines et aventureuses. Elle y consumait ce qui lui restait de courage militaire. Son roi, Agésilas, était allé en Egypte servir un des prétendants au trône. Il termina sur mer, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, une vie à laquelle ne manquent pas les jours glorieux, mais qui ne fut digne ni de ses rares qualités ni de Sparte.
La Macédoine et Rome.
1. Après Sparte, Athènes et Thèbes, à qui devait appartenir la prépondérance en Grèce? Aucune ville n'avait le droit, par ses services ou son importance, de la revendiquer. Un Etat que la Grèce considérait comme étranger et qui, jusqu'alors, avait été peu mêlé à ses affaires, trouva son droit dans son ambition.
Issu d'une race qui prétendait remonter à Hercule, Philippe était devenu, en 360, roi de Macédoine et régnait avec un pouvoir absolu. Elève d'Épaminondas, il soumit son peuple à une rude discipline, organisa l'armée, réunit des trésors et intervint habilement dans les luttes où les Grecs, oubliant le passé, ruinaient le présent et compromettaient l'avenir.
Il se mêlait à leurs affaires, concourait et remportait un prix aux jeux Olympiques, vengeait la religion outragée et prenait des villes. Athènes était son