CHAPITRE III
furent les seuls qui, fidèles encore aux lois de Lycurgue, ne servirent point dans les armées de ces deux princes et de leurs successeurs au royaume de Macédoine. Ils ne se rendirent jamais aux assemblées communes de tous les autres peuples de la Grèce et ne payèrent aucune contribution.
» Mais ensuite, ayant abandonné les lois de Lycurgue, ils furent asservis par leurs propres concitoyens. Alors, ne conservant plus rien de leurs anciennes institutions, devenus semblables à tous les autres peuples, ils perdirent, avec la liberté, leur ancienne splendeur et finirent par subir, comme le reste de la Grèce, le joug des Romains. »
2. A la mort d'Alexandre, Athènes forma une ligue contre les Macédoniens. Sparte n'y entra pas. Antipater, à qui étaient échues, dans le partage de la succession du conquérant, la Macédoine et la Grèce, vainquit Athènes et se montra impitoyable pour les derniers défenseurs de la liberté.
Il mourut en 319, et fut remplacé par le vieux Polysperchon, général devenu roi. En 316, Sparte était indépendante.
En 315, Gassandre possédait la Macédoine et presque toute la Grèce. Le traité de 311 lui reconnut le titre de stratège, et, grâce à la protection d'Antigone, promit à la Grèce la liberté. Antigone et son fils Déraétrius prétendirent en assurer l'exécution par les armes (307). Athènes fut prise, et reconnut avec étonnement que c'était pour devenir libre. La lutte continua entre les compétiteurs à la succession d'Alexandre. Séleucus etLysimaqusfurent vainqueurs
à Ipsus (301) d'Antigone, qui périt, et de Démétrius, qui s'échappa.
Démétrius marcha contre Archidamos, roi de Sparte, et assiégea la ville (29 5j. Il l'avait réduite à la dernière extrémité, lorsqu'il fut obligé de courir en Macédoine. Les fortifications élevées, pour résister à Cassandre, et qu'elle compléta pour repousser ce nouvel ennemi, ne l'auraient pas sauvée ; les poitrines des anciens Spartiates étaient un rempart plus solide.
En 273 , Pyrrhus II, roi d'Épire , appelé par Cléonyme, prétendant au trône de Sparte, attaqua la ville en l'absence du roi Aréos. On avait déjà résolu d'envoyer les femmes en Crète pour les soustraire au danger, lorsque l'une d'elles , Archidamie, donnant l'exemple de l'audace et de la résolution, détermina une résistance qui obligea l'ennemi à la retraite.
Sparte avait élevé, par la main de ses femmes, un rempart qui allait jusqu'à l'Eurotas, embrassant la vaste étendue des collines sur lesquelles s'étaient établies les diverses tribus. Les Gaulois au service du roi d'Epire l'attaquèrent au point qui leur parut le plus faible et comblèrent le fossé de leurs corps. Effrayé de cette résistance, Pyrrhus se retira brusquement.
Aréos, de retour de Crète, le poursuivit jusqu'à Argos, où il trouva la mort de la main d'une femme.
En 277, Antigone Gonatas était roi de Macédoine, et ses successeurs conservèrent le trône, jusqu'à la conquête romaine sur Persée (168), exerçant sur les diverses cités une autorité tour à tour absolue et nominale.