‹ Institutions de SparteChapitre 54 sur 242 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les douze villes de FAchaïe formaient une ligue ancienne qui fut renouvelée en 280, et qu'Aratus , de Sicyone, étendit en 251. Elle était aristocratique, et lutta, en 238, contre la ligue Etolienne dont le principe était démocratique.

Par une de ces singularités qui ne sont pas rares dans son histoire, Sparte fut le plus souvent ennemie de la ligue Achéenne.

Cette ligue entre des villes d'origine ionienne aurait dû être animée de Tesprit démocratique : elle obéissait à l'inspiration aristocratique; et Sparte, la cité oligarchique par excellence, se trouvait combattre ceux qui cherchaient le triomphe de son principe gouvernemental.

L'inconséquence était égale des deux côtés. Mais les temps de décadence sont féconds en contrastes de ce genre.

Il est vrai que Sparte se crut plusieurs fois menacée par Aratus, en qui elle affectait de voir l'homme des Macédoniens, les pires ennemis delà Grèce. Elle lui reprochait du moins une condescendance que blâme Plutarqae lorsqu'il dit (1): « Je ne veux pas attaquer Aratus, qui s'était montré si souvent grand et digne de la Grèce. Je veux seulement déplorer la faiblesse de la nature humaine, qui , dans les âmes même les plus élevées et que la nature a le mieux formées pour le bien, ne peut produire une vertu irréprochable. »

En 244-, Agis avait essayé de ramener sa patrie à la égislation de Lycurgue. Il n'y réussit pas et périt ictime d'une tentative aussi généreuse qu'impru-

(l) Agis et Cléomène, 41.

dente. Sparte renfermait alors plus d'or et d'argent que la Grèce entière. Les charges y étaient vénales, et les terres, concentrées en quelques mains. La multiplicité et la ténacité des intérêts rendaient toute réforme impossible.

En 236, Cléomène III reprit avec plus d'habileté les projets d'Agis et en poursuivit l'exécution avec une vigueur qui ne reculait pas devant les moyens les plus violents. Il s'appuya sur les pauvres, proscrivit les riches, fit un nouveau partage du sol de la Laconie, et espéra relever la fortune de Sparte en ramenant les lois de Lycurgue.

Sparte, battue à Mantinée en 243 par la ligue, se joignit à elle en 238 pour combattre les Etoliens ; mais, sur son refus de livrer bataille, le roi Agis se retira. L'alliance persista cependant jusqu'au moment où Cléomène eut besoin d'une guerre pour seconder ses projets de réforme.

Il battit les Achéens en Arcadie (227); l'année suivante, Aratus lui-même près du mont Lycée, et peu de temps après Lydiadès à Mégalopolis. Appuyé sur ces succès, il courut à Sparte, égorgea les éphores et fit tout plier sous sa volonté, afin, disaitil, de ramener la grandeur passée.

La guerre avait été pour lui un moyen. Il voulut en faire la consécration de sa réforme en montrant la force de Sparte rajeunie. Après quelques succès qui ne découragèrent pas ses adversaires, il dut confier sa fortune aux hasards d'un suprême combat livré à Sellasie. Les Lacédémoniens y furent écrasés, et Cléomène, rentré à Sparte avec quelques cavaliers, parut d'abord désespéré. Il reprit pourtant courage.

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