CHAPITRE IV
les Grecs (1) et les plus inaccessibles aux étrangers. Ils passèrent à un bon ordre légal de la manière suivante : Quand Lycurgue, Spartiate considéré, visita Delphes pour consulter l'oracle, au moment où il entra dans le sanctuaire, la Pythie s'écria : « Tu es venu, Lycurgue, à mon riche autel, chéri de Zeus et de tous les dieux de l'Olympe. Est-ce comme à un dieu ou comme à un homme que je dois m'adresser à toi? J'hésite, et cependant, Lycurgue, je suis disposé à t' appeler un dieu (2). »
Les poètes disent que les sages lois de Crète, qui servirent de modèle à celles de plusieurs villes de la Grèce, furent inspirées à Minos par Zeus. Homère (3) constate cette origine divine en signalant l'intimité du législateur de Crète avec le père des dieux et le roi des hommes : « Gnosse, cité superbe où commanda Minos, admis, durant neuf ans, aux entretiens de Zeus. »
Il en fut de même pour Sparte et pour Lycurgue : l'homme seul ne paraissait pas assez grand pour cette tâche. (( Lycurgue, dit Cicéron, fit confirmer, par l'autorité d'Apollon Delphien, les lois qu'il destinait à Lacédémone (4). »
Cette intervention directe des Dieux, législateurs, ou de leurs oracles signalant des hommes privilégiés comme animés d'un esprit divin, donnait à la loi une haute autorité.
L'orgueil de l'homme s'incline difficilement devant
(1) MaxovofxwTaTot.