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partie de Tunité, et ne soit plus sensible que dans le tout

On ne saurait mieux relever ce qu'il y a d'anti-humain dans la législation de Lycurgue, et les éloges de Rousseau en font la plus amère critique,

Esprit de la législation.

1. Il ne faut pas demander à Sparte une législation savamment combinée. Tout y est simple, de cette simplicité qui convient à un peuple austère, et qui va au but, sans se mettre en peine de ce qu'elle froisse, ou de ce qu'elle comprime.

Tout cependant y est harmonieusement combiné.

Sa ressemblance avec celle de la Crète a deux causes : la communuauté d'origine et le long séjour de Lycurgue dans cette île. Mais chacun des deux Etats a sa physionomie particulière.

Sparte n'était pas la seule citéDorienne delà Grèce. Le caractère de sa législation est cependant unique.

Elle contraignait la nature et, comme elle contenait peu de dispositions, et devait être entourée de mystère, elle n'était pas écrite.

Les histitutes de Justinien (2) constatent ce dernier fait, et l'opposent à la coutume d'Athènes, qui croyait donner à ses lois plus d'autorité et de durée, en les

(1) Contrat social, II, 7.

écrivant avec soin et en multipliant les dispositions applicables à des cas divers.

Le retour aux lois de Lycurgue a été demandé dans toutes les crises politiques, dans toutes les difficultés extérieures, ce qui prouve que Ton croyait à leur efficacité, même quand on y était infidèle. Ces lois faites pour soustraire la patrie à des dangers intérieurs, qui compromettaient son existence, étaient aussi le suprême refuge quand les passions avaient été plus fortes qu'elles.

On loua toujours à Athènes la sagesse des lois de Solon, mais on leur fit subir d'importantes modifications suivant les intérêts, les passions et les nécessités. A Sparte, depuis Tyrtée jusqu'à Cléomène, toutes les fois que le danger fut grand, on recourut au même remède, et l'on tint le langage du poète Athénien (1), recommandant le retour aux lois austères et aux vertus antiques.

C'était un hommage mérité à la législation et à son auteur, et cet hommage est instinctif. L'homme aime à regarder du coté de son berceau. Il y trouve le germe de ses espérances et les promesses de son avenir. Il lui semble qu'en revenant à son point de départ, il efface ses fautes, ses faiblesses et ses inconséquences. La route, oii il doit marcher, s'ouvre devant lui, et il y entre avec une jeunesse renouvelée et une confiance féconde. Combien de fois l'histoire des peuples nous offre cette aspiration énergique vers le passé ! combien de fois elle est le principe des plus grandes choses !

« Bien qu'ils soient libres, dit Démarate à Xerxès, (1) Voir fragments de VEunomie.

en parlant des Lacédémoniens, ils ne le sont pas entièrement. Ils ont une maîtresse, la loi, et cette maîtresse, ils la craignent bien plus que vos sujets ne vous craignent (1). »

Aussi ajoute-t-il : « Quand toute la Grèce se soumettrait à vos armes, les Lacédémoniens n'en seraient que plus ardents à défendre leur liberté. Ne vous informez pas du nombre de leurs troupes : ne fussent-ils que mille, fussent-ils moins encore, ils se présenteraient au combat : » Les faits sont d'accord avec ces fières paroles.

L'influence de ces lois survécut même à la chute de la liberté. La vitalité avait disparu, le fantôme restait, comme une protection ou une espérance.

Un peuple, a dit Rousseau (2), ne devient célèbre que quand sa législation commence à décliner. On ignore durant combien de siècles l'institution de Lycurgue fit le bonheur des Spartiates, avant qu'il fut question d'eux dans le reste de la Grèce. »

Sans doute, Sparte fut mêlée tard aux affaires de la Grèce, parce qu'elle avait eu la sagesse de borner son ambition. c< Ce fut l'esprit des républiques grecques de se contenter de leurs terres comme de leurs lois, » remarque avec raison Montesquieu (3). Mais sa législation était intacte, lorsque Crésus voyait en elle la tête de la Grèce, les mœurs n'étaient certainement pas corrompues, lorsqu'elle combattait à Salamine et à Platées. La décadence de ses mœurs et de ses lois suit la chute d'Athènes et de son

(1) Hérodote, VU, 104.

(2) Contrat social, II, 7.

(3) Esprit des lois, 16.

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