‹ Institutions de SparteChapitre 74 sur 242 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

hégémonie. Sparte qui avait résisté aux plus redoutables ennemis, succomba sous le pouvoir et la richesse, Apollonius de Tyane trouva les lois de Lycurgue en vigueur à Sparte, sous le règne de Domitien, et Sparte était, depuis plus de trois siècles, soumise à Rome (1)1

î2 . C'est dans l'éducation que réside particulièrement la législation de Lycurgue. Quelques dispositions en ont été déjà indiquées. D'autres trouveront leur place dans l'exposition des moyens par lesquels étaient formés non des hommes, mais des citoyens. Il suffira donc d'indiquer quelques caractères généraux de cette organisation sociale .

A Sparte, l'Etat est seul père, seul propriétaire, comme dans la république imaginaire de Platon.

L'enfant n'appartient pas à la famille. Dès qu'il peut se passer des soins maternels, il reçoit une éducation publique, qui se continue pendant toute sa vie. Il trouve un maître dans chacun de ceux qui le voient commettre une faute. Il peut être châtié par eux. (« Je n'ai vu des hommes nulle part, disait Diogène, mais j'ai vu des enfants à Lacédémone. »

Ailleurs , la paternité a des droits et des devoirs, le maître peut disposer de ses esclaves, le propriétaire de son bien.

A Sparte, il n'y a que des usufruitiers.

L'Etat dispose sans réserve de tout.

La loi est représentée par le magistrat, et comme elle est souveraine, le pouvoir du magistrat est discrétionnaire. Il n'est contenu que par le sentiment de la justice.

(1) PfliLOSTRÀTE, vie d'Apollonius,

Le courage et le sacrifice de la vie sont imposés aux Spartiates. Tout concourt àformer des corpsvigoureux et des âmes indomptables. Dans les combats, il faut vaincre ou mourir, dans les circonstances ordinaires de la vie, il faut braver la douleur, et dominer la nature.

« On demandait à Agésilas pourquoi les Spartiates étaient les plus heureux de tous les peuples. C'est, répondit-il, parce qu'ils s'exercent plus que tous les autres à la science d'obéir et de commander (1).

Pleurer un mort, quand il était tombé sur le champ de bataille, eut été un crime. Il était permis, ou plutôt, car tout était réglé, dans une cité qui ne laissait rien à l'initiative, il y avait obligation de lui rendre certains honneurs. On voyait dans celui qui n'était plus, non un parent ou un ami, mais un citoyen, qu'il fallait traiter avec respect.

Les morts pouvaient être enterrés dans la ville, même auprès des temples. « Lycurgue voulait ainsi accoutumer les jeunes gens au spectacle et à la pensée de la mort. (2). »

Il défendit de rien enterrer avec eux. On ne pouvait inscrire sur les tombeaux que le nom de ceux qui avaient péri dans les combats, et celui des femmes consacrées à la religion.

Le deuil ne durait pas plus de onze jours. Le douzième, on faisait un sacrifice à Déméter qui avait symbolisé, par le blé confié à la terre, la transmission de la vie. Lycurgue craignait qu'un long deuil n'amollit les âmes.

(1) Plutàrque, apophthegmes des Lacédémoniens^

(2) Plutàrque, Lyc, 39.

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