‹ Institutions de SparteChapitre 76 sur 242 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

et entretint avec ces villes, des relations commerciales, qui ne furent pas sans influence sur son intervention, pendant la malheureuse expédition des Athéniens contre Syracuse.

L'Elide faisait avec elle des échanges;, et Xénophon qui s'y était établi, après avoir accompagné Agésilas, dans sa campagne en Asie et en Grèce, était proxène à Scillonte. Puisque Sparte protégeait ainsi , au dehors, la personne et les intérêts des siens, il fallait qu'il y eut une certaine activité commerciale.

Elle était, enLaconie, le privilège des périèques et faisait leur fortune.

3. L'interdiction de toute profession exercée en vue d'un profit a paru extraordinaire dans une ville où les exercices du corps étaient continuels. Elle s'explique par la situation des citoyens et le nombre des esclaves.

« Lycurgue, qui habitait une ville dont le sol n'était pas souillé par une tourbe d'hommes méprisables, dont le territoire, comme le dit Euripide, aurait suffi à nourrir le double de citoyens, et qui surtout, était environnée d'une multitude d'Hilotes, qu'il ne fallait pas laisser dans l'oisiveté, mais fatiguer et comprimer par un travail continuel, Lycurgue eut raison d'interdire aux Spartiates toutes ces professions abjectes et mercenaires, de les tenir sans cesse sous les armes, et de ne les exercer qu'au métier de la guerre (1). »

Aristote eût voulu que cette mesure fut étendue àtoutes les cités. «Dans un Etat bien constitué, dit-il, les citoyens ne doivent point avoir à s'occuper des (1) Plutarque, Solon, 30.

premières nécessités de la vie (1). » On comprend, dès lors, la nécessité, et, par conséquent la légitimité de l'esclavage, que ne craint pas d'affirmer le grand philosophe. On s'explique par cette considération, non moins que par l'intérêt, la conduite de l'antiquité tout entière à l'égard d'un si grand nombre d'hommes.

La force semblait le mérite suprême, et cependant, le législateur avait commandé le plus grand respect pour la vieillesse.

Le vieillard avait une double majesté : celle de l'expérience et celle des services rendus.

Ilfallait donner des citoyens à la patrie. Les libertés accordées par la législation ne firent pas atteindre ce but ; elles abaissèrent la dignité de la femme, et outragèrent sa pudeur. On voulait cependant Tenvironner de respect. Le but était aussi louable, que les moyens l'étaient peu.

L'homme qui ne se mariait pas, était publiquement signalé à l'animadversion des citoyens, et privé de tous ses droits politiques (2).

La loi semblait favoriser l'accroissement de la population, qui est la première richesse d'une cité. Il ne fallait pas cependant que le nombre des citoyens dépassât celui des lots de terre, et cette crainte l'emporta. (( Le législateur, en vue d'accroître le nombre des Spartiates, dit Aristote (3), a tout fait pour pousser les citoyens à procréer autant qu'ils le pourraient. Par la loi, le père de trois fils est exempt

(1) Politique , H, 6^ 2.

(2) Plutarque, Lyc. Apophthegmes des Lacédémoniens,

(3) Politique, \\, 6, 13.

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