CHAPITRE V
tenait entre ses mains la déesse. Les enfants ne se plaignaient pas. La mort suivait quelquefois, glorieuse et enviée. Le corps recevait les honneurs réservés aux vainqueurs, et la tête était couronnée de guirlandes (1).
Les AmbrosieSj en Thonneur de Bacchus, étaient communes à presque toutes les villes de la Grèce.
Les Achillées, fête annuelle, rappelaient la valeur et la gloire d'Achille
Les Brasidées célébraient la gloire de Brasidas et les journées de Méthone, de Philos et d'Amphipolis, Elles se composaient de sacrifices solennels et de jeux dans lesquels figuraient seuls des Spartiates. Une amende punissait ceux qui ne s'y rendaient pas (3).
Les Gymnopédies, fête civile plutôt que fête religieuse, produisaient en public de jeunes garçons nus qui exécutaient des danses (4). Elles furent instituées par Thalétas en l'honneur de l'éducation publique des jeunes citoyens et pour délivrer le pays d'une peste qui le désolait.
La, Diamastigosis avait des cérémonies communes avec les JEmacouries. Elle était célébrée en l'honneur d'Artémis Orthia. Les parents surveillaient leurs enfants cruellement fouettés, les applaudissaient quand ils supportaient sans plainte la douleur, et s'indignaient contre eux lorsqu'ils paraissaient souffrir de ce traitement. Une famille se glorifiait d'avoir
(1) Voir Pausanias, Laconie.
(2) Ibid,
(3) Ibid.
(4) Plutarque, Apophthegmes des Lacédémoniens.
fourni à la déesse des victimes qui n'avaient pas laissé voir de faiblesse (1).
La Diantiné, dont on ne sait ni le but ni les cérémonies.
Les Dictynnies, célébrées en l'honneur d'Artémis Dictynna.
Les Dioscouries rappelaient la mémoire de Castor et de Pollux à l'endroit même où ils avaient vécu. Pollux était fils de Zeus, et sa naissance était chantée à l'époque de l'année où Dionysos enrichissait la terre de ses dons.
Les Hécatombées, sacrifice annuel dans lequel Sparte demandait aux dieux la prospérité de cent villes répandues sur le territoire de la Laconie (2).
VHélénie, fête en l'honneur de la femme de Ménélas. Sparte adoptait la tradition qui rapportait qu'un fantôme avait suivi Paris à Troie, pendant que la véritable Hélène, enlevée par les dieux, avait vécu sous leur protection en Egypte. Elle y fut retrouvée par Ménélas après la destruction de Troie, et, avec lui, rentra en Laconie, où elle fut honorée comme une déesse. Les jeunes filles paraissaient en public, montées sur des mules ou sur des chariots faits de joncs et de roseaux. Ménélas recevait aussi, non seulement les honneurs réservés aux héros, mais encore ceux des dieux (3).
Les Lacédômoniens célébraient aussi lesEleusiiiies ou mystères, solennité commune à toute la Grèce, et qui se renouvelait tous les cinq ans. Ces fêtes
(1) V. Pausanias, Laconie. — Cicéron, Tusculanes, 2, 14.
(2) EusTATHE, Commentaire sur l'Iliade, chapitre II.
(3) IsocRATE, Éloge d'Hélène,