CHAPITRE V
duraient neuf jours et attiraient à Eleusis, voisine d'Athènes, des représentants de toutes les cités ioniennes ou doriennes. Une loi de Lycurgue, rapportée par Plutarque (1), condamnait à une amende de six drachmes la femme qui s'y rendait en chariot.
On cite aussi VEpicrénie en l'honneur de Déméter, etVEpiscénie, dontle caractère religieux est incertain, ainsi que celui de VEuryclée,
L'Ergatie rappelait Hercule et ses travaux.
UEphippe était une course des chevaux précédée et suivie de libations et de prières.
On n'honorait pas seulement Hercule, héros protecteur du Péloponèse et tige des rois qui régnaient à Sparte; on avait encore établi une fête, YElacatie, en l'honneur d'Elacate, un de ses favoris.
Pendant VEsoanthie, les femmes du Péloponèse se réunissaient pour cueillir des fleurs.
Hésychius parle de la Théraphnatidie comme d'une fête commune à toute la Laconie, sans en faire connaître le caractère.
Les Thesmophories avaient pour but de remercier Déméter, qui avait, la première, donné des lois à l'humanité en lui apportant le blé et en lui enseignant l'art de le cultiver.
Ino ou Leucothoé avait sa fête en Laconie.
La Calaoidie honorait Artémis. Elle était célébrée par tous les Laconiens.
Par les Carnéies ou Carnéennes, Sparte honorait Apollon Garnéos. Cette fête durait neuf jours. On dressait neuf tentes, dans lesquelles se renfermaient neuf citoyens qui devaient être prêts à en sortir au
(1) Vie des dix orateurs.
premier appel. On prétendait reproduire ainsi la vie des camps. Un concours de musiciens terminait la fête (1).
Terpandre, réformateur de ces fêtes, y introduisit la poésie, qui, sans se substituer à l'appareil guerrier, en tempéra la rudesse.
Les Léonidées avaient pour but de rendre hommage à Léonidas et aux héros morts avec lui aux Thermopyles {i).
Les Spartiates ne pouvaient oublier leur législateur. Ils offraient à Lycurgue, à qui ils avaient élevé un temple, un sacrifice annuel (3).
Ils rappelaient dans les Pausanies le souvenir et les services de Pausanias, vainqueur à Platées, par des jeux qui n'admettaient point d'étrangers, et par l'oraison funèbre du guerrier.
Pendant les Promachies^ les Lacédémoniens se couronnaient de roseaux (4).
Hésychius parle d'une fête appelée Sijrmée, qui consistait en des jeux dont le prix était un breuvage composé de graisse et de miel.
Il y avait à Sparte, comme dans toutes les cités grecques, des fêtes et des offrandes destinées à remercier les dieux ou aies rendre favorables, après la naissance, le mariage, la mort. Une mère faisait solennellement ses relevailles.
Les nourrices se réunissaient à une époque fixe pour la célébration des Tithénidies. Celles qui avaient
(1) V. Plutarque, Nicias,
(2) Pausanias, Laconie.
(3) Plutarque, Lycurgue,
(4) Athénée, liv. XV.