‹ Institutions de SparteChapitre 90 sur 242 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

allaité des enfants mâles, les portaient au temple d'ArtémisCorytalienne. Elles sacrifiaient deux jeunes pigeons, formaient des danses et faisaient des bouffonneries. Un repas était servi sous des tentes. Les étrangers et les citoyens pouvaient y prendre part. On y servait du pain, du fromage nouveau, des figues, des fèves, le ventre et les entraillesdes victimes.

Les Hyacinthies, que Ton célébrait à Amyclée (1) en l'honneur d'Apollon , étaient aussi une fête de Sparte. Elle durait trois jours, dont le premier et le dernier étaient consacrés à la douleur et le second à la joie. Des chœurs de jeunes garçons, légèrement vêtus, célébraient, par des hymnes, les accords de la flûte, des danses ou des exercices hippiques, la mémoire du bel adolescent dont Amyclée possédait le tombeau (2).

Enfin, les Chalciorchies honoraient Athéna, à qui on offrait un sacrifice solennel dans son temple revêtu d'airain. Les éphores présidaient aux cérémonies dans lesquelles figuraient des jeunes gens (3).

Ces fêtes intéressaient la population tout entière. On y retrouve quelque chose de l'austère simplicité de la ville, à qui Lucurgue avait recommandé d'off*rir aux dieux des choses de peu de valeur, afin que la misère n'interdît les sacrifices à personne (4.). On peut y retrouver aussi le désir d'assurer à la ville, par des cérémonies dignes d'elle, la protection de divinités de divers ordres.

(1) Xénophon^ Eellén., liv. IV.

[t) Pausanias, Lacon., XIII.

(3) Pausanias, Laconie,

(4) Plutahque, Lycurgue,

Ce qui valait mieux que toutes ces manifestations, c'est la prière dont parle Platon (1), *et qui, disait-il, était agréable aux dieux, parce qu'elle ne leur demandait que ce qui était véritablement bon, les suppliant de ne pas écouter les sollicitations les plus pressantes pour des objets injustes ou mauvais.

Sparte.

1. Sparte s'élevait sur la rive occidentale de l'Eurotas, dans une vallée profonde, sur de petites collines assez espacées, dont chacune eût été une forteresse, s'il était entré dans l'esprit des Lacédémoniens, que leur ville dût être défendue autrement que par les poitrines de ses enfants.

Sparte, en effet, n'eut pas de longtemps une enceinte avec des murs, des bastions et des tours, quoiqu'elle ne fût pas, comme Elis, consacrée à Zeus et défendue par sa sainteté. Sa citadelle elle-même, ce sanctuaire où chaque ville enfermait l'image du dieu qui la protégeait et à laquelle ses destinées étaient attachées, ne s'élevait pas dans un endroit inaccessible.

Le sol où fut bâtie Sparte était un amas de collines, d'un accès très difficile, même du côté de la mer. Il n'y avait pas de point qui, par sa hauteur, dépassât considérablement tous les autres comme

(1) Des Lois, VU.

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