CHAPITRE V
((A Lacédémone, dit Pline (1), on ne porte que des anneaux de fer. » Ce ne fut pas toujours vrai; mais pendant longtemps ce modeste ornement fut à la fois la preuve de la rareté de l'or et de la simplicité austère de la population. Pourquoi les Spartiates n'ont-ils pas eu toujours présentes à l'esprit ces paroles de l'oracle de Delphes : « L'amour de l'argent perdra Sparte, et rien de plus? »
3. (c Les Lacédémoniens ont à Sparte, dit Pausanias (2), une place qui mérite d'être vue. Le bâtiment où s'assemble le sénat est sur cette place, ainsi que ceux où se réunissent les éphores, les nomophylaques et les bidiéens. »
On y trouve le Portique des Perses, bâti avec le butin fait dans la guerre contre cette nation. Les colonnes, en marbre blanc, représentent des scènes de cette guerre. On y remarque, gravée sur du cuivre , l'image du devin Agias, qui annonça, dit-on, ' à Lysandre la victoire d'OEgos Potamos ; les statues d'Apollon Pythœos, d'Artémis et de Leto; les temples de la Terre et de Zeus Agoréos, d'Athéna Agoréa, de Poséidon Asphalios, d'Apollon et de Héré.
. « Le toit du Portique des Perses était soutenu, dit Vitruve(3), par des statues colossales drapées de longues robes flottantes , et représentant les principaux officiers de l'armée de Xerxès, qui avaient été tués ou faits prisonniers dans les batailles. )) Une grande statue y représente le peuple Spartiate ;
(1) Histoire naturelle, XXXIII, 4, 2.
(2) Laconie, XI.
(3) De architecture, I, 1.
auprès sont un temple des Parques et le tombeau d'Oreste, dont les ossements, trouvés à Tégée, furent déposés en ce lieu. On trouve ensuite la statue du roi Polydoros, Hermès Agoréos portant Dionysios enfant, l'édifice nommé les anciennes Ephories, le bâtiment consacré aux repas publics, et les statues de Zeus Xénios et d'Athéna Xénia.
« En sortant de la place publique, par la rue nommée Aphétaïs ou des Barrières, vous trouvez Fédifice Boonéta.... C'était autrefois la maison du roi Polydoros ; on lui donna ce nom, parce que les Lacédémoniens l'achetèrent de sa veuve, et lui en payèrent le prix avec des bœufs, car on ne connaissait pas encore les monnaies d'or et d'argent (1). »
Cependant, d'après la chronique de Paros, les Eginètes auraient, vers 894, dix ans avant la naissance de Lycurgue, frappé une monnaie d'argent qui ne tarda pas à se répandre : c'était la mine Eginète.
C'est sous ce roi que commença (744) la première guerre de Messénie.
On rencontre ensuite un temple d'Athéna, dont la statue a été érigée par Ulysse, le monument héroïque d'Iopos, qui vivait du temps de Lélex, et celui d'Amphiaraos, fils d'Oïclès.
Près de là est Tenceinte de Poséidon Ténarios, et une statue d'Athéna, <( offrande, dit-on, des colonies lacédémoniennes de l'Italie et de Tarente (2). »
Ces colonies étaient anciennes ; car, après Lycurgue, les Lacédémoniens n'eurent aucune raison pour quitter leur pays. Les mouvements des peuples,
(1) Pausanias, Laconie^ XII.
(2) Ibid.