‹ Institutions de SparteChapitre 94 sur 242 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

les luttes de racé, les guerres, les factions et les révolutions qu'elles provoquaient, avaient auparavant déterminé de fréquentes émigrations. Thucydide (1) dit, en parlant des colonies fondées à cause de Fexcédant de la population : « Lorsque, longtemps après les Héraclides, la Grèce, un peu tranquillisée, eut pris une forme un peu plus stable , elle envoya des colonies, Athènes en lonie, dans l'Asie Mineure et dans une grande partie des îles de FArchipel, le Péloponèse en Sicile et en Italie. » Il ne nomme pas Sparte.

Certaines traditions permettent cependant de supposer qu'elle ne resta pas étrangère à ce mouvement, qui répandit l'influence grecque sur tous les rivages de la mer Intérieure.

a Une autre légende, dit Preller (2), faisait descendre les Sabins des Lacédémoniens. Sabin était, disait-on, un fugitif de Sparte, abordé en Italie. Cette explication plaisait assez en général, parce qu'il y avait entre les deux peuples certains traits de ressemblance, surtout la rigueur de la discipline. Mais on se demande si ce n'est pas un jeu d'esprit généalogique des Grecs, spécialement des Tarentins, qui a donné lieu à cette tradition. Les Tarentins se glorifiaient volontiers de descendre d'Hercule par Phalanthe, et comme le Sabin Sancus répondait à l'Hercule Grec, il était fort naturel de voir aussi dans Sabin un Héraclide ou Lacédémonien. Les Tarentins et les Samnites, leurs voisins, devinrent naturellement alliés, et la légende d'une origine lacédémonienne, appliquée

(2) Les Dieux de r ancienne Rome, trad. Dietz. p. 427.

d'abord aux Samnites, ne fut transportée que plus tard aux centres sabins, pour donner naissance à riïistoire romanesque d'une descente des Spartiates sur le rivage occidental de l'Italie. » Les Méliens affirmaient que leur île avait été colonisée sept cents ans auparavant par les Spartiates (1).

L'édifice appelé Hellénion rappelle le souvenir de rassemblée des Grecs se concertant contre les Perses ; auprès s'élève le monument du héraut Talthybios.

On trouve ensuite l'autel d'Apollon Acritas, le Gasepton, consacré à la terre, la statue d'Apollon Maléates, le temple de Dictynne ou Britomartis, fille de Zeus, et le tombeau des Eurypontides.

La même rue renferme encore les temples d'Arsinoé et d'Artémis, les tombeaux des devins lamides, de Maron et d'Alphée, qui, après Léonidas, montrèrent le plus de valeur aux Thermopyles. Zeus Tropœos et la mère des dieux ont des temples qui précèdent les monuments d'Hippolyte, fils de Thésée et de l'Arcadien Aulon.

D'un autre côté de la place publique s'ouvre une rue où est a situé le Scias, édifice où les Lacédémoniens tiennent encore maintenant leurs assemblées ; il a été construit, dit-on, par Théodore de Samos, qui, le premier, trouva l'art de fondre le fer et d'en faire des statues (2). )>

Athénée dit (3) que les Lacédémoniens avaient neuf endroits pareils qui ressemblaient à des tentes, et sous lesquels ils célébraient les fêtes nommées Garnéennes.

(1) Voir Hérodote, IV, 147.,

(2) Pausanias, Laconie, XII.

(3) Liv. IV.

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