CHAPITRE V
Auprès est un bâtiment circulaire qui renferme les statues de Zeus et d'Aphrodite.
On voit auprès de là les tombeaux de Cynortas et de Castor. Le temple de Castor s'élève à côté.
En face d'Aphrodite Olympienne est le temple de Coré Soteira, fille de Déméter. On rencontre plus loin la statue de Carnéos OEcetas et celle d'Aphétœos.
(( Vous trouvez ensuite une place carrée entourée de portiques, où l'on vendait anciennement toutes sortes de menues marchandises (1). » Auprès sont les autels de Zeus Amboulios , d'Athéna Amboulia et des Dioscures. Vis-à-vis est l'endroit appelé Colona, et le temple de Dionysios Golonate.
Le temple de Zeus, qui donne des vents favorables, n'est pas éloigné, et, à sa droite, est le monument héroïque de Fleuron.
Sur une colline voisine, s'élève le temple d'Héré Argienne. Il fut bâti par ordre de l'oracle, après une inondation de l'Eurotas. C'était certainement après la soumission d'Argos. Honorer sa grande déesse, c'était s'assurer sa protection et en priver la ville qu'elle avait jusqu'alors favorisée. La destinée d'une cité dépendait d'une divinité protectrice. Sa statue enlevée, son culte supprimé transportaient à une ville ou à un peuple plus heureux tous les avantages dentelle était la dispensatrice. Sparte s'était approprié l'Héré Argienne.
Sur la route, à droite de cette colline, est la statue d'EtoimoclèS; qui avait remporté cinq fois le prix de la lutte aux jeux Olympiques. Son père Hipposthénès avait été six fois vainqueur.
(1) Pausanias, Laconie, XIH.
Il n'est pas inutile de remarquer que Sparte élevait des statues aux athlètes qui avaient triomphé dans les jeux, et qu'elle refusait cet honneur à ceux qui étaient tombés dans les combats. On ne croyait pas devoir récompenser l'accomplissement d'un devoir.
Au sortir de la place publique, du côté du couchant, est le cénotaphe de Brasidas, et (C un théâtre en marbre blanc, qui mérite d'être vu (1). » Ces mots sont, pour le géographe, l'expression de la plus vive admiration. Il les emploie pour les plus beaux monuments d'Athènes. Est-il étonnant qu'il s'en serve pour attirer l'attention sur l'édifice le plus considérable et le plus magnifique de Sparte?
Mais quelles œuvres y représentait-on? a Ils n'assistaient jamais, dit Plutarque (2), à des tragédies ni à des comédies pour ne pas entendre, même dans les choses d'amusement, des discours contraires aux lois. » Peut-être faisait-on pour les yeux ce qu'il était interdit de faire pour l'esprit et le cœur.
En face sont les tombeaux de Pausanias et de Léonidas. Un cippe contient le nom de tous ceux qui combattirent aux Thermopyles. La patrie ne veut pas qu'ils soient oubliés.
Ce ne fut que quarante ans après la glorieuse défaite, que les restes de Léonidas furent apportés à Sparte, et que cet honneur public lui fut rendu, ainsi qu'à ses compagnons. Pausanias fait remarquer (3) qu'on avait inscrit « non seulement leurs noms, mais
(1) Pausanias, Laconie, XIV.
(2) Apophthegmes des Lacédémoniens.
(3) Chapitre XIV.