DF.S PRISONNIERS
lé salut du prisonnier est la condition tacite et nécessairement supposée de sa reddition : d'ailleurs le droit de faire périr un homme de guerre cesse aussitôt qu'il est désarmé (i i).
S'il pouvait exister une circonstance où la doctrine contraire fût admise, la guerre se ferait sans quartier (12 "); et combien ne se verserait- il pas de sang inutilement! la guerre est déjà par elle-même un fléau si désastreux, qu'on ne saurait trop l'adoucir dans la pratique. Toutefois les événemens de la guerre, ses chances f arables, la position d'une armée, ses besoins , ses dangers, etc., peuvent jeter dans de grands embarras un général, si, n'écoutant que son humanité, il veut conserver des prisonniers désarmés. S'il lui est possible de les mettre en lieu de sûreté, rien ne saurait l'en dispenser; s'il ne le peut point, pourquoi ne les point renvoyer sur parole? mais doit-il en courir les risques vis-à-vis d'un ennemi sur la bonne foi duquel il est autorisé à ne pas compter? et s'il ne peut point, sans commettre une grande imprudence, sans s'exposer lui-même, risquer ce parti , que peut-il faire sans encourir de blâme ? Si sa propre conservation est évidemment compromise , il doit la préférer : si donc elle exig*
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impérieusement de se défaire des prisonniers qui sont cause du danger où il se trouve , les lois terribles de la guerre l'autorisent à prendre ce parti extrême : on sait depuis longtemps que ces lois sont contraires à celles de l'humanité ; mais enfin elles sont inséparables du principe qui constitue l'indépendance des nations, et de l'impossibilité où elles sont de poursuivre leurs droits autrement que par la force des armes.
On ne peut point non plus réduire un prisonnier en esclavage, parce qu'une pareille mesure s'écarterait du principe qui autorise à faire des prisonniers (i 3). On ne peut point davantage les forcer à servir contre leur patrie.
Les nations européennes ont adopté un expédient qui les dispense de tout acte de rigueur envers les prisonniers , lorsqu'elles en sont embarrassées: elles les renvoient chez eux sur parole, comme je l'ai déjà fait observer. Rien ne peut dispenser ceux-ci de remplir la condition qui leur a été imposée de ne pas ser-