C)8 LIVRE III, CHAPITRE* XXI
sèment les choses ne sont point ainsi : ce sont toujours, les peuples qui sont les victimes de la guerre; et l'on peut, à peu près clans tous les cas , dire à leur égard : quidquid délirant reges , etc.
Quoi qu'il en soit, la pratique ne s'écarte que trop souvent des salutaires vérités que nous venons de rappeler : la paix dépend en général plutôt du plus ou moins de succès qu'une des parties a obtenus , des moyens de les étendre, ou de l'épuisement, que des principes de justice, de modération , d'humanité, qui devraient constamment diriger les conducteurs des nations : les succès ne font que trop souvent perdre de vue le sujet primitif de la guerre , pour y substituer des projets d'ambition , de conquêtes , et même de simple convenance bien ou mal calculée, projets auxquels on était loin de songer dans l'origine, et dont l'objet est la plupart du temps hors de toute proportion avec la satisfaction qui peut être due , et qui , loin de contribuer à la liberté, à la prospérité, au bonheur des nations, porte souvent atteinte à l'un et à l'autre.
Mais en supposant même au vainqueur un droit indéfini de profiter de ses avantages, il