‹ Institutions du droit de la nature et des gensChapitre 52 sur 102 · DE LA PAIX. IO · texte numérisé non relu

DE LA PAIX. IO

donc celui-ci cède, s'il se détermine à la paix, son auxiliaire doit suivre la même direction , et les obligations de celui-ci cessent de droit par la paix, ainsi que l'ombre disparaît avec le corps qui la produisait. Comme il n'a aucun grief personnel à alléguer, il n'a aucune part à prendre aux négociations.

Mais, dira-t-on , s'il existe entre les deux alliés des conventions, des stipulations qui assurent des avantages à l'auxiliaire, comme prix de ses secours , celui-ci n'a-t-il pas le droit de les réclamer directement vis-à-vis de la puissance ennemie, et, par suite, d'intervenir dans les négociations?

Cette prétention est insoutenable. Les stipulations dont il s'agit, sont à l'égard de l'ennemi, rés inter alios acta; et comme elles ne font point partie des motifs de la guerre, elles ne peuvent également point entrer dans les conditions de la paix. En tout cas, c'est à l'allié belligérant qui a promis, à agir seul pour opérer l'exécution de ses promesses : son ennemi n'est tenu à rien; et son impuissance seule peut le forcer à céder.

Quant au parti qu'il convient au belligérant de prendre en faveur de son allié, c'est à la politique et non au droit des gens à le déter-

Io8 LIVRE III, CHAPITRE XXI.

miner. Ce qu'il y a de certain , c'est que le belligérant est la partie principale ; que, par conséquent, ses intérêts marchent avant ceux de l'allié. Tout ceci au reste est dit dans la supposition qu'il n'y a pas de motif direct de guerre entre l'auxiliaire et la puissance contre laquelle il fournit des secours; car dans ce cas, la chose change de face. Il y a cause commune entre les alliés du fait de leur ennemi, et dès lors les négociations pour la paix doivent être également communes.

C'est une chose bien importante et bien délicate que la rédaction d'un traité de paix; car il n'est aucun acte qui se fasse avec plus de défiance, puisqu'il y a toujours une partie mécontente: il exige donc de la clarté, de la précision, une noble simplicité: le vainqueur doit parler le langage de la modération; le vaincu celui de la dignité: s'il est humilié par les choses, il ne doit point l'être par les mots ; aucun sujet grave de discussion ne doit demeurer indécis, aucune expression ne doit fournir matière à doute et à interprétation , aucun mot , aucune phrase parasite ne doit être admise; les équivoques, les amphi-

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