‹ Institutions du droit de la nature et des gensChapitre 53 sur 102 · DE LA PAIX. IO · texte numérisé non relu

DE LA PAIX. IO

bologies, les subtilités , les surprises , doivent être soigneusement évitées. Il est de prétendus diplomates qui trouvent le mérite d'un traité de paix dans sa brièveté, comme si les négociateurs étaient les maîtres du nombre et de la complication des objets et des intérêts qu'ils ont à régler ; comme si les différens des nations pouvaient être mis en abrégés , de même que l'histoire romaine , la géographie, etc.; comme si les langues offraient pour tout des termes tellement précis , tellement individuels, si je puis m'exprimer ainsi, qu'il ne soit pas possible de se méprendre sur leur application. Il est aussi des auteurs qui se plaisent à citer le traité de Westphalie comme un chef-d'œuvre de précision , comme un modèle à suivre : cependant il est rempli d'imperfections, de contradictions , d'équivoques, et c'est le plus volumineux de tous les traités existans. En revanche, il en est un qui est plus court; c'est une convention faite entre l'Angleterre et le Portugal, en 1703; il ne renferme que deux articles, parce qu'il n'y avait que deux objets à régler. Je dis en deux mots à ces abréviateurs, qu'un traité ne se mesure et ne s'apprécie pas à la toise, qu'il doit avoir tout le développement

MO IJVRE Ili, CHAPITRE XXII.

que son objet exige , et que souvent la concision peut avoir des conséquences dangereuses pour le repos des nations.

Page 1