LIVRE VI. CHAp. Lxxxnr
§ 493. Les os des éléphans^ mastodontes^ rhi« nocéros, hippopotames et tapirs sont ensevelis presque partout (i) en lits à peu près pareils^ et esouvent mêlés avec les os d* animaux qui ressemiblent à ceux qui vivent présentement. Ces lits isont en général dans des terrains mobiles ou saïîblonneux ou marneux ^ et toujours plus ou moins fToisins de la superficie. Dans les collines du «fPlacentin dominons avons déjà parlé ^ et à la t^base desquelles on a découvert des os de cétacés ; que renfermait une marme bleuâtre qui a été
(l) Dans le Journal de physique de Paris, mars 18 17, il est « êkt que M.' Whitfoy vit près de Plimouth , une caverne qui avait 45 pieds de longueur, et était remplie d*argOe. On avait ren* ' contré cette caverne dans la roche solide , après y avoir fait ^ UDe excavation de 160 pieds : elle n^avait aucune communication { avec la superficie extérieure , et Ton observe que la roche était ^ certainement une pierre calcaire de transiH(m. On trouva dans cette grotte des os fossiles â^xme parfaite conservation , et ^ M.' Ëvérard Home qui fit le rapport de ce fait à la Société r royale , s^ assura que ces os étaient de rhinocéros , et que quelf ques-uns avaient appartenu à des individus d'une grandeur trèsconsidérable. Je trouve deux difficultés dans ce récit:, la première consiste en ce qu'il est dit que la caverne n'avait aucune communication avec la superficie extérieure ; la sec^onde est relative à la qualité de la pierre calcaire qu*on prétend être cer^' teunement une roche de transition. Ces deux circonstances me pcrtent à croire qu'on a équivoque sur le gisement dea os : oa la roche qui renfermait la caverne était .un calcaire d'une formation plus récente , par exemple , un tuf calcaire ; ou la caverne avait avec l'extérieur quelque commuûicatioii qui n'a pas été observée-
certainement une boue marine, les os cfélëpbanf et de rhinocéros ont ét6 trouvés dans des couchn sablonneuses qui forment la cime des mêmes collines; et il est probable que lorsque la contrte était couverte par une mer assez profonde posr pouvoir être habitée par des baleines, des inondations se répandirent sur les terres voisines pedr plées d^éléphans et de rhinocéros^ et transportèrent dans la mer les corps de ces animanif. Prenons pour exemple ce qui arrive maintenant: il n^y a point de crue considérable do Pâ pendant laquelle ce fleuve ne transporte à la mer^' des bœufs , des chevaux et quelque homme assez malheureux pour n^avoir pu échapper à la foreur des eaux. Ces corps une fois parvenus à la mer 8ont dévorés par le poissons et autres animaux marins; mais leurs os ensevelis dans la vaseuse conservent, et il arrive souvent que les coquilles s^attachent à leur superficie. En effet, les os fossiles des grands quadrupèdes sont ordinairement accompagnés des dépouilles d* animaux marins, comme nous Tavons dit dans le paragraphe précédent , mais il y a certains endroits où l'on ne remarque aucune de ces dépouilles; et quelquefoii le sable ou la marne qui recouvre les os des animaux terrestres , ne contient que des coquilles d^eau douce. Ces s>s ne sont point roolès; ils sont épars , et en partie rompus : donc ik n'ont point été transportés d'une contrée lointaine,