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CHAPITRE LXXXV

Réflexions sur le dépérissement et sur le changement

des espèces animales.

§ 4^9. Les diverses parties du globe liront pas «u to/i jours pour oroement les mêmes corps organiques^ et non^seulement les espèces^ mais eucore les gemres de ces corps organiques ont changé plusieurs fois. Commençons par les corps marins, liorsqu^on traite des testacés fossiles^ il convient de' distinguer ceux qu*on trouve dans les roches calcaires 0) compactes secondaires et quelquefois de transition^ d^avec ceux qu^on rencontre dans des terrains mobiles sablonneux ou marneux.

(i) Il ne faut pas confondre ensemble toutes les roches calcaires coquiliières , puisqu^il y en a qui sont d*un âge très-différent des autres. Dans le % 3l3 nous avons parlé du calcaire coquil-» lier de transition. Les marbres que nous appelions lumachelles y ne sont que des agrégats de coquilles quelquefois entières , mais le plus souvent brisées et enveloppées dans un ciment calcaire. A cette classe appartient la pierre à laquelle dans Milan on donne le nom d*occhiatino di Como , parce qu'on la tire des environs du lac de Gôme. Ces pierres compactes reçoivent souvent un beau poli, et leur gisement ordinaire indique qu'elles sont beaucoup plus anciennes que le calcaire grossier qui contient encore des fragmens de corps marins. Le calcaire grossier des environs de Paris renferme un si grand nombre de ces coquilles qui appardeonent au genre cerites^ qu*il a reçu le nom de calcaire à ctritei-

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abandonnés par la mer lors de sa derni^i^liPa traite du continent. Les premiers appartieimat 1 ie qi ordinairement à des espèces inconnues : il n'a Iwav est pas de même des seconds ^ parmi lescpè Ipr 1 il y a plusieurs individus qu*on peut rapportttlkt à des espèces dont quelques-unes existent acttut W lement dans les mers voisines ^ et d* autres dam W les mers lointaines. Il parott que la Mèditerraûte ko et TAdriatique ne nourrissent plus quelques^miei te des coquilles qu^on trouve fossiles dans les dn )({ verses parties de Fltalie. On peut en dire autant je de la France et des autres contrées de rEorope It qui ont été parcourues par les naturatistes. le n^étends point donner à cette proposition^ plm d'extension qu^il ne convient; les recherches de cette nature sont très-difficiles, et il est presque impossible de connoître tous les êtres vivans qd peuplent Timmense étendue et le fond des men. Il suit de là que nous devons être très-réservés et très-cîrconspects sur un pareil sujet. Menard de la Groye, en examinant une collection de coquilles du golfe de Tarente , y reconnut les analogues vivans de deux coquilles qu*on trouve fossiles , l'une à Grignon , près de Paris , Tautrc dans les environs de Bordeaux, et qa*on croyût exotiques. De combien de nouvelles coquillei n*a-t-on pas fait la découverte dans la seule mer Adriatique depuis les recherches d'Olivi et soortout de Renier? Ce dernier, savant professeur

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de Padoue, a augmenté le catalogue de0 coquille^ de quelqaed nouveaux genres et de plusieurs DÔuvelles espèces qui n'avaient pas été décrites par les naturalistes. Si La-Marck sur Soo espèces de testaeés fossiles des environs de Paris ^ n'en trouva qu'un peu plus de vingt, dont leis proto« types étaient vivans, ou du moins connus; Brocchi iu contraire sur 600 espèces fossiles qu'il a déterminées dans les terrains d'Italie, a observé que plus de la moitié appartiennent à des espèces connues, et que le plus grand nombre de celles-ci séjournent dans les mers contiguës. A mesure <[ùe les observations se multiplient , on découvre de nouveaux types d'espèces qu'on croyait perdues ^ ce qui nous fait soupçonner qu'il pourra en être de même pour bien d'autres espèces. A' tout cela l faut joindre les altérations que les corps 6rga« i<|ues doivent subir par un long séjour dans ^e coucbes terrestres, ce qui rend bien difficile b quelquefois même impossible la détermination ^ leur espèce.

§ Soo. Indépendamment de ces considéradons, est certain que parmi les corps marins fossiles y a des genres et plusieurs espèces qui nous 2i^t encore entièrement inconnus, où qui n*ont ^é déterminés que d'une manière très-éqnivoqUe: Kls sont , par exemple , quelques espèces de '^oraux et de zoophites , et ces corps marins aux*^ {nels on a donné le nom de péh^enst^ comme

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ammonites ^ orthocèratitefi ^ numismales -^ befem* nites ^ etc. ^ pour indiquer qu'aile ont vécu dam Tantique océan. Quelques naturalistes pensent que les types vivauB de ces fossiles ne nous sont in» connus que parce qu^ils n^habitent que les grands profondeurs de la mer ; mais cette opinion os ^ paro£t peu fondée^ puiscpi^il arrive souvent qn'oa trouve les dépouiUes fossiles de ces animaux , i des hauteurs telles qu^ii n^est pas probable qa^dhi aient fait partie du fond de la mer. On a décoo** | vert des ammonites sur les sommités les pla» ékf^ vées des Apennins: M,' Faujas a vu des discolites sur une montagne du Dauphiné qm a 7200 pieds de hauteur au-dessus du niveau de la mer, et Ton en a recueilli encore sur la sommité des Alpes ( '^^y. Brocchi ^ Conchyologie fossile , pig; 233 ). Je ne doute pas que la mer n^ait couTeit Ji la cime des Alpes; mais il me paroît difficile de i concevoir qu'elle soit parvenue à une telle élè* ç vation que les sommités de ces montagnes aient pu former le fond de ses plus profonds abîmes. Il I est donc très-probable que parmi les corps orga- ^ niques qui vivaient dans T antique mer, il y ayaît 1 plusieurs espèces qui n'existent plus aujourd'hui, g Soi. Pour ce qui regarde les os fossiles des animaux terrestres ^ je rappellerai à la mémoire du lecteur, ce qui a été dit dans les chapitrei LXXVIII et LXXIX ; et aux notices que j'ai déjà données , je joindrai les réflexions suivantes, h

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