‹ Institutions géologiquesChapitre 159 sur 203 · LIVRE VI. CHAP. LXXXVI · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAP. LXXXVI

calcaires argileux ou bitumineux , et dans des ardoises avec cette précision et cette exactitude qui indiquent le talent d*ui> botaniste , lorsqu^il dispose les plantes dans son herbier?

§ S20. Je ne dois pas passer sous silence un fait qui mérite d'autant plus d'attention ^ qu'il

n'est pas unique dans son genre. Sur les sque- Jettes de ces cétacés que M. Cortesi fit déterrer dans les collines de Plaisance , et qui sont aujourd'hui conservés dans le cabinet de TAdministration des mines, on voit les dépouilles de quelques coquilles qui y sont nées et y ont pris leur croissance, puisque leurs coques se sont adaptées à Id JBgure et aux sinuosités des os à la superficie desquels leurs germes s'attachèrent pour s'y développer. On ne sabrait expliquer cet intéressant phénomène , qu'en supposant que lorsque la mer couvrait la cime de l'Apennin de Plaisance , les squelettes de ces cétacés qui étaient morts dans ce même lieu , restèrent assez long-temps ensevelis sous les eaux , pour que les coquilles qui y étaient adhérentes , pussent se développer et y vivre , coinme elles naissent et vivçnt attachées nn% rochers. Ensuite la iner s'étant retirée , les squelettes restèrent ensevelis dans le même endroit avec les autres corps abandonnés par les eausl. J'aime à croire que personne ne voudra imaginer que la mer ait transporté ces squelettes sur la cime des monts de l'Apennin , sans les briser, sans les éparpiller.

§ 521. Le. savant naturaliste Pino a nié ce fait ^ et dans ses Réflexions analytiques sur les systèmes géologiques^ pag.. S ï\ après avoir dit qu'il a vainement tâché plusieurs fois de recoanoitre la vérité du phénomène que .fai exposé, dans Y Introduction à la géolo^^ il; ajoute que dans le nombre de ces coquilles pour la plupart, bivalves, il y en a qui ne sont évidemment adhérentes aux os, que par Tintermédiaire d^une manie un peu tenace,!, et que dans les au très, il semble

.que la superficie convexe d*une vaWe occupe Je .vide d^un . enfoncement qui existait dans les os mêmes. Il pense que de là , on ne peut pas déduire que les germes de ces coquUles se soient arrêtés et développés dans le même lieu ; et il conclud qu*il est beaucoup plus vraisemblable que l'adhérence des coquilles n'eut lieu qu^après qu'elfes eurent acquis ailleurs la grandeur qu'elles ont I à présent , d'où il doit s'ensuivre qu'elles furent p transportées par un courant , avec les os des cétacés.

§ 5^2^. Ces assertions d'un professeur si distingué, et qui avait journellement sous ses yeux les squellettes dont il est question, m'inspirèrent naturellement quelques doutes, et je craignis de m'être mépris. J^examinai donc de . nouveau et plusieurs fois , les cétacés , et ne me fiant point au rapport de mes yeux, je m'adjoignis des pe^ sonnes très-instruites en cette matière. J'observe

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. du reste qu*à la page 17!^ du tom. 2 de Ylntra^ . daction à la géologie^ je disais: « les dépouilles :. » de quelques coquilles qui sont nées et ont pris

» leur croissance ' sur ces os. etc. » Cette ex^

. pression quelques coquilles restreint ma propo- sition^ en sorte qu*on ne doit point rappliquer ^à toutes les coquilles^ Gela posé^ il faut savoir ^qu^on voit deux qualités de coquilles adhérentes aux os; quelques-unes sont de celles qu*on ap* ~pelle libres , et qui peuvent changer de place ; mais les autres sont de celles qui naissent et vivent attachées à un point fixe. Les premières sont en petit nombre et véritablement adhérentes sax os par le moyen de la marne ^ comme le 'dit M/ Pino: mais les autres sont du genre des hoîtres qui destinées par la nature à vivre et à ^mourir dans la même place où elles sont nées , te trouvent unies aux os par une adhérence propre et immédiate^ de sorte qu^en ayant pris la forme, ~ on reconnoit qu^elles sont nées sur ces os ^ et ^s*y sont développées ; et si leur premier accroissement s^est effectué dans quelque point où Fos ^ était revêtu de boue marine endurcie ^ alors les coquilles, en croissant, ont- pris la figure du liea 'où elles se trouvaient. Si Ton veut supposer que "les coquilles d'huîtres qui sont nées et ont pris ^ leur croissance ailleurs , transportées par un cou- ^ tant, se sont rencontrées avec les os des cétacés, ' il sera bien difficile de concevoir comment il a

pu 8e faire que oette rencontre ait ètè toujours accompagnée d'une combinaison assez conetante et assez favorable pour que lés parties convexes de leurs valves aient rencontré jes enfoncemens qui existaient dans les os^ et qu^éa outre, ces enfoncemens aient eu précisément la figure et la grandeur nécessaires pour que les (coquilles aient pu s'adapter parfaitement aux irrégularités deU forme de ces mêmes enfoncemens i» en sorte que les parties des unç et des autres se soient jointes exactement.

§ 5a3. Il ne sera pas hors de propos de rafih porter ici ce que M/ Brocchi a écrit sur ce sujet Ge savant naturaliste était alors directeur du cft* binet iJe TAdministration des mines où Ton cour serve les os des cétacés dont je viens de parler^ il pouvait faire toutes les observations que Tintérét de la vérité et de la science semblait exiger, et comme son ouvrage ne fut imprimé que quelques années après la publication de Topuscule de M.' Pino ^ il devait par conséquent connoître les doutes que celui-ci avait élevés. A la pag. 178 de la Conchyologie fossile sous-apennine^ il s* exprime ainsi : « Quelques-uns de ces os de baleine trourés » dans le Flacentin^ et un morceau de mâchoire » qu'on conserve dans le cabinet de Florence, » sont incrustés d'huîtres qui naquirent et prirent » leur croissance sur ces os, puisqu'on distingue » fort bien que les coquilles sont adaptées aux

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