LIVRE VI. GHâP. LXXXVI
1 n'y a peut-être pas de plue zélé défenseur du léluge , que M/ De Lue : ' cependant Tévidence les faits Ta souvent obligé à s^écarter des opinions pi'il a adoptées sur ce sujet. Voici comme il inexprimé dans ses lettres à Blumenbach, pag» 9 : ce On voit ^ dit-il^ sans aucun donte^ que les restes des animaux exotiques ^ tant terrestres que marins ^ ont été ensevelis sous les eaux de la mer^ dans les lieux où Ton les trouve. » \, la page 69 ^ il ajoute: « On ne peut étudier attentivement les restes dVnimaux marins daiis les couches de toute espèce qui les contiennent^ sans reconnoître que les animaux dont-ils notis » manifestent Fexistence passée v vivaient dans » les lieux mêmes où on les trouve ^ * et quHIs » y pullulaient. 3» A la pag. 61^ il revient sur la même idée, et il affirme « quHl est évident i que les races des animaux marins trouvées dans ^ nos couches , ont vécu et pullulé dans ces • couches mêmes. » Il enseigne la même doctrine , ^ns son Traité élémentaire de géologie , irojprimé DU 1809, où, pag. 392, après avoir exposé le phénomène des ^coquilles que Ton trouvé . dans icB couches régulières de marne , d^argile et dé »able, et avoir observé que quelquefois une es^ pèce de ces couches est la même , et continuipr jdans toute la profondeur à laquelle on peut ar*^ river, pendant que d*autrçs fois elle change à ^mesure que Texcavation s^apprpfondic ; ' et que
dans ce cas^ lorsqu^on a trouvé les coquilles d^one famille dans une espèce de couches ^ on ren-* contre des familles différentes ^ si les couches Tiennent à changer de nature; il conclud que quoique ces corps marins prouvent évidemment que nos continens ont été couverts par laraer^ cela ne peut pas avoir été Teffet du déluge, pois* qu^on ne remarquerait que confusioii dans les substances mobiles de la superficie ; et il finie par dire que ces couches régulières forent les dernières précq)itations\ produites dans le sein de la mer^ pendant que les animanx marins se nralti* pliaient sur son fond.
§ 5a5« Le religieux Linné dans son t^acoars De telluris habitabilis incremento, après avoir exposé quelques-uns des phénomènes que nous avons rappoi^tés ^ conclud ainsi : Qm hase omnia dilui>io adscribit ^ qiiod cita ortum , cita transiit^v} is profectà percgrinus est in cognitione naturw , et ipse cœcus cdiorum oculis videt , si quid videt. Le sa* vaut jésuite Bosco vich dans ses lettres à Valisucri écrites en 177a, et publiées à Venise par M/ Tabbé Morelli en 1811 , en parlant des corps organiques fossiles ^ les appelle des signes qui nous restent des nombreuses révolutions qui doivent être arrivées ou en même temps sur toute la surface du globe , ou plutôt , comme il le croit , dans les diverses parties de ce globe , à des époquef qui embrassent des années et des siècles différem
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! Lors donc qu^on traite du phénomène des corps
1 organiques fossiles^ on ne doit point recourir
rau déluge; et il me semble que c^est avoir peu
:de respect pour les livres sacrés^ que d^ abuser
■{de leur autorité pour appliquer aux phénomènes
de la nature ^ les explications le plus contrai-»
:re8 à tous les principes de la physique et aux
-observations les plus décisives. Cest contre cet
-flbus que se récriait avec juste raison ^ de son
Ffeemps ^ Bacon de Vérulam ^ lorsqu^il écrivit dans
raphorisrâe 65 ^ liv. i : oc Quelques écrivains mo-
y^ dernes ont poussé la vanité à un tel points
» qu'ils ont eu la folie de chercher dans le prcr
j» mier chapitre de la Genèse ^ dans le livre de
3» Job ^ et dans d'autres passages de Fécriture
=3» sainte ^ des fondemens à la philosophie natu-
=3 relie. C'est vouloir trouver ce qui est mort
3i parmi ce qui est vivant. Il importe d'autant
m plus d'imposer des bornes à ce mauvab génie.^
9 que de la confusion des choses humaines avec
3» les choses divines ^ il doit résulter non-seule*
:» ment une philosophie fantastique, mais encore
»..une religion hérétique (0. «
il) Nou8 avons traduit littéralement ce passage de Bacon , de la -version italienne du Novum organum scientiarum , publiée à 8iuitano>èn 1788, avec r approbation de Tlriquisiteur du Saint Qffioa^ On observe qu^ Fouvrage précité n*a jamais été censuré « mioiqu*un autre traité du même auteur, qui a pour titre: De £giUtate et augmentis scientiarum , ait été prohibé avec la réserve
denec corrigantr. Cette observation ne sera pas inutile dans q^uelqne