CHAPITRE LXXXVIL
^Réflexions sur P hypothèse (fun changement ou lent, •j ou rapide dans la position de Vaxe du globe.
p § 5ïi7. Le. phénomène que nous examinong,
présente deux questions principales: la première
^consiste à savoir , comment les dépouilles des
^corps organiques, se trouvent dans des climats
:diifférens de ceux qui convienn^it aujourd'hui à
leurs espèces^ en supposant que quelques espèces
organiques fossiles aient réellement leurs analogues
piurmi les espèces vivantes ^ mais dans des contrées lointaines ? La seconde est de savoir^ comaobentles corps marins ont pu exister et se progpagèr dans des lieux maintenant très-éloignés de la mer ou très-élevés au-dessus . de son niveau ? 3ia-Marck pour résoudre ces deux difficultés ^ a imaginé un déplacement progressif et lent des d^ux axes de la terre ^ par lequel Taxe de féqua- ^teur va prendre la position de Taxe des pôles , :pendant que celui-ci passe à la place du premier. Il doit résulter de là^ un déplacement successif des mers^ et un changement lent et progressif des climats. Donc suivant cet auteur^ la mer ne flTest retirée des lieux qu'elle occupait , qu^en obéissant à une cause lente et toujours active ^
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et comme cette cause n*a pas cessé d*agir^ il est probable que les parties du globe qui sont maintenant à découvert , redeviendront^ dans le cours des siècles ^ le fond même de la mer^ en sorte que le lit actuel des eaux se trouvera an jour changé en terres desséchées et découvertes. § 5a8. L'idée de La-Marck n'est pas nouvelle: elle s'était encore présentée à Franklin qui dans d une lettre écrite de Passey^ le 22 septembre 1783^ ^ à M/ Tabbé Soulavie ^ dit que si quelque force faisait changer graduellement Taxe du ^obe^ et le plaçait dans la position qu'occupe à présent Téquateur ^ il en résulterait un abâissettient des eaux dans les régions équatoriales actuelles, etffli un exhaussement dans les régions polaires. Dam fï! ce cas, de vastes terrains qui sont maintenant
couverts par les eaux, se trouvei*aient à décon vert, tandis que d'autres qui sont à sec, seraieDl[ < submergés , les eaux s' élevant ou s^abaissaht dai» les différentes extrénlités d'environ 5 lieues, pais- ' I que la différence des deux diamètres est d'à-peo* près 10 lieues. Très-long-temps avant FrankTin, Alexander ab Aléxandro, auteur du i5/ siècle, dans le cap. 9 , livre 5 Genialium dienim^ panni les hypothèses qu'il fait pour expliquer le s^our de la mer sur beaucoup de parties du continent qui sont maintenant à sec , indique celle d'abc situation différente de l'axe du globe , qu'il désigne par les mots*: Mutads cardinibus.
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§ 529. Cependant cette hypothèse n'est ap- 'ouvée ni par les astronomes^ ni par les phjriîîens, malgré les argumens par lesquels La-Marck tâché de la rendre vraisemblable. Les premiers ? reconnoissent dans Taxe de la terre, d'autre ouvement que celui du léger déplacement de
appelé natation de Taxe, par lequel celui«-ci <îrit un cercle de 18" de diamètre dont le centre t: le lieu moyen du pôle , l'entière révolution t ccomplissant en dix-huit ans et huit mois. Il n^y
du moins que je sache, aucun astronome qui c observé dans Taxe de la terre, le mouvement gulier et progressif que suppose La-Marck. Là-» cice termine le chapitre i3, du 4*^ livre de ^position du système du Monde ^ en disant que 8i la terre tournait successivement autour des divers diamètres formant entr'eux des angles <;onsidérables, Téquateur et les pôles change* s-aient de place, et les mers en se portant vers le nouvel équateur, couvriraient et découvriiraient alternativement des hautes montagnes ; smàis toutes les recherches que j'ai faites sur le déplacement des pôles de rotation à la sur^- £ice de la terre , m'ont prouvé qu'il est insen*- ^iblej » Quant aux physiciens , il leur semble 9BciIe de concevoir comment la région équa-^ K^iale , en s'avançant vers un deé pôles de la ire , devient soumise à une action plus intense ^ causes dégradantes et se déprime: il est encore
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bien plus difficile dHcnagiaer comm^ent la région polaire ^ déjà consolidée , va se soulevant à mesure qu*elle se rapproche de Tèquateur ^ en sorte qu^elle puisse former la protubérance équatorialev § S3o. Indépendamment de ces raisons astrch nomiques et physiques ^ il y a un phénomène géologique qui s* oppose à ce lent ^ tranquille et successif 'déplacement des mers ^ et c'est celui d'après lequel il semble que les poissons auraient dil soivre le cours des eaux. Lorsque dans les marées régulières , la mer se retire de gueiques parties d'une plage où elle était montée pendant le flux ^ les poissons, suivent . toujours le mouvement de leur élément natif ^ à moins que quelque circonstance particulière n'en ôte le pouvoir à quelques individus* Gonunent donc expli-/to quer le phénomène de ces nombreux cimetièrei k de poissons que Ton trouve dans des lieux main- Iric tenant très-éloignés de la mer ou sur des mon* tagnes très-élevées au-dessus de son niveau. Les poissons fossiles ne sont pas. aussi frécpiens que les coquilles ^ parce que leur structure molle et la. facilité avec laquelle leurs corps se décomposent , causent leur rareté en comparaison de ces animaux marins qui se trouvent renfermés dans une matière calcaire très-dure. On trouverait encore des poissons ou leurs empreintes^ si non dans tous les lieux, du moins dans lapltf grande partie de ceux où l'on découvre les restes
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