LIVRE VI. CHAP. LXXXVII
même de celui-ci plus rapide sur son axe ^ n'ont pu en aucun temps élever la mer jusques sur les ^ continens sous lesquels nous la voyons abaissée; que par conséquent si elle les a couverts pendant des siècles ^ comme le prouvent Ic^s observations ^ la cause eflGiciente n'en est pas dans les forces qui agissent constamment sur elle. A défaut donc de cause constante et toujours agissante^ il en faut une adventive ou éventuelle^ qui agisse à certaines époques et hors de ceii époques suspende son action. Or , dans le système solaire , nous ne connoissons que les comètes ^ dont Taction sur les planètes puisse être ainsi intermittente. Une comète ne suffît point encore : les mers bouleversées pendant son passage ^ retourneraient bientôt à leur précédent équilibre ^ si une combinaison nouvelle ne leur en fesait prendre une autre. Cette combinaison ne peut appartenir qu'à la terre: il faut que dans son sein elle recèle un corps mobile ^ dont là place détermine celle de son centre de gravité. Ce corps , c'est l'aimant : transféré par la comète du nord au sud^ ou du sud au nord^^ il entraîne avec lui l'océan^ et l'assujettit alternativement à deux équilibres semblables^ mais opposés , l'un sur l'hémisphère boréal , l'autre sur l'hémisphère austral. Telle est l'hypothèse de Ml* Bertrand ^ sur laquelle nous ne fairons aucune réflexion^ car il faudrait répéter beaucoup de
choses qui ont été dites dans les paragraphes pré* cèdens ; et nous croyons que sans recourir aax grands phénomènes astronomiques^ on peut expliquer le déplacement des mers^ par des moyeoi plus simples et plus vraisemblables ^ ainsi qu on le verra bientôt L'hypothèse que nous avons proposée aux chap. XX, XXIV et XLVII, nous semble suffisante pour rendre raison des changejonens qui se sont opérés non-seulement dans la situation du lit de la mer , mais encore dans la constitution physique de la mer elle-même et de Tatmosphère , changemens par lesquels quelques espèces organiques ont été soit détruites, soit modifiées , et d'autres se sont développées de nouveau»