LIVRE VI, CHAP. XCII. 5o
§ 563. 'La communication qui 8'ètablit entre la Méditerranée et l'ancienne mer Noire, n'eut point pour cause , comme Ta pensé Tournefort, la corrosion et la rupture des montagnes du Bosphore par Faction de la masse des eaux : cette communication fut plutôt Fouvràge des convulsions produites par les volcans qui s'allumèrent dans ce lieu , et dont , d'après les observations de Spallanzani confirmées et étendues par Olivier^ on reconnoît les traces à cause des matières qu'ils eut vomies sur une étendue de plusieurs lieues. Quelques-unes des îles Cianées reconnues pour volcaniques , sont probablement les somniitès de ces volcans qui se sont écroulés et ont dispara sous les eaux; et selon le témoignage des anciens auteurs , une forte éruption de quelqu'ua de ces mêmes volcans occasionna l'ouverture de l'isthme (0, et introduisit d'abord dans la
Propontide , et ensuite dans la Méditerranée W,
le moment de leur séparation , Téyaporation à consumé dans la mer Caspienne , une masse d^eau de trente mille lieues carrées de surface , et de trois cents pieds de profondeur.
(i) Cet effet n^excède point les forces connues des volcans. Pendant une éruption de FEtna, dans la matinée du il mars 1669 , il se fit une ouverture ou crevasse qui embrassait une étendue de dix milles ( Yoy. Spallanzani , Voyage aux Dèu» Sicilês , chap* 9 ). La longueur du Bosphore , suivant Chevalier » est de sept lieues , et suivant la carte d^Andréossi de la kilomètres.
(a) M.' De Choiseul dans un Mémoire lu à la séance publique de rinstitut de France, le a a mars i8o5, a tâché de prouver que les anciens ont eu connoissance des feux «outerraLos qui produisirent Touverture du Bosphore de Tbrace.
5o6 INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.
cette immense mer qui, pour me servir de« expressions de M/ Diireau-de--Lamalle qoe j*ai déjà cité, submergea les basses plaines des plages de TÂsie mineure , de la Thra<^, de la Grèce, de rÉgypte et de la Lybie , catastrophe terriUe dont la chronologie, Thistoire , les monomens et la ^tradition ont conservé la mémoire , et qa'on appela le déluge de Deucalion , parce que es prince qui régnait alors en Thessalie , ayant échappé avec une partie de son peuple à la foreur des eaux , eut la triste gloire de laisser son nom à une des époques les plus désastreuses de Fhis^ toire. Il est très-probable que cet événement arriva vers Fan 1 5oo avant notre ère {Voy, § 479 ); et si Fopinion de Ferrera et de quelques autres auteurs espagnols qui prétendent que le détroit de Gibraltar fut ouvert 1698 ans avant J. C, est vraie, la communication de la Méditerranée avec rOcéan aurait précédé celle de la Méditerranée avec la mer Noire (0.
(i) M.' le général Andréossi dans Touvrage que non* avooi cité aa § 412 I a révoqué en doute ce ùdt ; et il a prétendi démontrer que la topographie des denx côte» qui bordent le emd de la mer Noire « indique d^^ne manière précise , que leur coaformation telle qu*on la voit , ne dérive pas de circooftvces particulières, mais qu^elle est aussi ancienne que le caail etks deux mers dont il fait la communication. Pour bien apptédci 1m raisons dont M.*^ Andréossi appuie son opinion ^ il landrait coanoitre les circonstances locales. Je me bornerai dooc^ à faire ici quelques observations sur cette opinion, les bdrnea d*ane note