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LIVRE VI. CHAP. XCIII. 5l

S. plus basses de Fltalie , la première série de cet :3 cavernes qui aient trois lieues de profondeur et F 8^étendent sous le sol de Tltalie^ en sorte que û les unes communiquent en tr elles ^ et que les •: autres soient distinctes ^ mais séparées par dé petites distances. L'imagination ne doit pas s'ef* frayer dé la supposition de cavernes de trois - lieues de profondeur , puisque relativement à une i niasse qui a 716 lieues de rayon ^ ces cavernes 3 n'égaleraient pas les cavités de deux à trèis pieds p observées dans des laves de 5o à 60 pieds de w hauteur. 11 n'a pas été encore possible de mesurer la profondeur de la caverne d'Elden , en Angleterre, avec une sonde de 1600 toises de longueur. Prèa de Frédérikshal , en Norvège , il y a un creux dont la profondeur a été calculée à 11,000 pieds. Parmi les nombreuses cavernes de la Camiole , celle d'Adelsberg passe pour être si grande , que , suivant quelques auteurs allemands, on peut y parcourir un espace de deux lieues. Si à la superficie du globe, nous avons des cavernes si considérables, quoique pro-^ duites par des causes secondaires , et dont Tin* tensité était par conséquent assez bornée, quelle Taste étendue ne pourrons-nous pas attribuer â des cavernes placées au-dessous de la superficie terrestre, et qui doivent leur origine aux causes générales et extraordinairemeht actives qui opérèrent la consolidation du globe? Les phénomènes

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des tremblemend de terre semblent nous indiqaer rexisteuce de cavernes souterraines beaacoap plus étendues que celles que nous connoissons. Le tremblement de terre de 1 6oi ébranla toute TEurope et une grande partie de TAsie. Celui de Lisbonne se fit ressentir dans le Groenland , dans les Indes occidentales et dans TÂfrique. Le 5 février 1^83^ en moins de deux miontes, la Calabre fut entièrement bouleversée , et Messine presque détruite ^ quoique séparée de la première par» un bras de mer. En i8o3, on éprouva des secousses occasionnées par quelque tremblement de terre , à Alger , en Grèce , à Gonstantinople , à Bukarest ^ à Kiow ^ à Moskow. Il ne paroît pas. vraisemblable que de pareilles secousses aient pu se propager presque en un instant ^ à de si grandes distances , à travers des couches solides et massives de terre.

§ 569. Les plaines les plus basses de Fltalie sont fort peu élevées au-dessus du niveau de la mer. Si donc nous concevons que , par IVffet de quelque fort tremblement de terre, les voûte» des premières cavernes viennent à s'écrouler, il semble que toute la masse de terre qui conipose ritalie, pourra être engloutie par ces caverne», et qu'il restera dans quelques ^endroits un cçace vide de presque une lieue, puisque nous avons supposé la profondeur des cavernes de trois lieues, et Tépaisseur des voûtes quiJes couvrent, de deux

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lieues. La mer devra donc se répandre dans ces ^r espaces restés vides ^ et il y aura des bas fonds dan» r les sites eorrespondans aux montagnes les plus r élevées des Apennins. Dans cet affaissement général de r Italie ^ quelques-unes de ses parties pourront, en tombant, conserver leur aplomb; d^autres prendront une position inclinée; beaucoup seront bouleversées ; . et il arrivera peutêtre que les plus petites seront transportées à de9 distances considérables. En un mot, tous ces phénomènes qu'on observe en petit dans Fécroulement des montagnes, auront ici lieu en grand* Les premières dépositions que faira la mer , se mêleront avec les matières terrestres ; mais si ses eaux restent tranquillement pendant dix ou douze siècles dans ce nouveau lit , il s'y formera des couches marines sans aucun mélange dé substances terrestres. Cet espace de temps s'étant écoulé, imaginons que le lû^me phénomène^ c'est-à-dire , un écroulement de pareilles cavernes se répète dans quelque partie voisine de la mer , en sorte que la masse des eaux acquière un noiivel espace assez profond pour qu'elle ne puisse le remplir sans changer de position ^ l'Italie paroissant de nouveau au-dessus de la mer, pourra être habitée et peuplée de corps organiques terrestres. Voilà donc la mer éloignée d'un lieu qu'elle occupait de puis douze siècles. Avec cette hypothèse, nous n'arrivonp

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qu'à' une profondeur de cinq où six lieues audeseous de la duperiieie actuelle des plaines basses de ritalie ; mais comme nous avons à notre disposition une masse de 716 lieues de profondeur, et pleine de cavernes^ nous pouvons concevoir comment le phénomène que nous examinons, a pu se répéter plusieurs fois. Admettant donc Fécroulement alternatif de ces cavernes^ soit au-dessous d'une partie du continent, soit au-dessous Ac quelque partie du fond de la mer, il me semble que nous pouvons imaginer comment il est arrivé que la mer ait tantôt séjourne long-temps dans un site, que tantôt elle s'en soit éloignée, qu'après le cours de quelques siècles, elle se soit remparée de ce même site , et ainsi successivement jusqu'à ce que tous les continens et les mers aient eu pris leur forme actuelle. Aujourd'hui que toutes ces mers , ou du moins la majeure partie , communiquent entr'elles , bien qu'il arrivât quelqu'un de ces écroulemens dont nous venons de parler , il serait difGieile qu'il en résultât un changement considérable dans le niveau de la mer, vu l'immensité et la continuité de son étendue. Il n'en était pas ainsi lorsque les eaux au lieu d'être rassemblées , comme elles le «ont maintenant , dans un réservoir général qui au moyen de beaucoup de communications s'iosinue dans l'intérieur des terres , formaient diverses mers semblables à de vastes lacs (Voy. § SSix).

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§ Sjo. Il suit de ce que aous venons de dire^ que Tètat ^actuel du globe a été déterminé par une série de catastrophes dont il n^est pas possible de retrouver le principe. Que si ensuite uous tournons nos pensées vers Tétat futur de ce globe ^ De Luc dissipe toutes nos craintes k^ en nous assurant que nos continens^ bien qu^ils ne soient <ju'une masse de ruines, restent pourtant stables^ parce que dans l'écroulement des grandes masses , les ruines s^ appuyaient toujours sur le fond des cavernes, de sorte qu'après ces catastrophes, les cavernes ont été presque remplies, et qu'il n'est resté d'autres espaces libres que ceux qui produisent les phénomènes des volcans et des tremblemens de terre. Buffon en parlant de l'abaissement de la mer occasionné par l'écroulement des cavernes, a aussi écrit que la terre est à présent parvenue à un tel état de tranquillité , qu'on n'a plus à redouter les effets désastreux de ces grandes convulsions. Je désire que la prédiction ' de ces deux philosophes se vérifie , que nos continens ne soient plus sujets à d'autres changemens, que l'espèce humaine ait un asile stable et fixe , et que les fruits de tant de siècles de culture ainsi que tant de productions des arts et des sciences, ne soient plus détruits. Néanmoins ^ même à présent, il arrive quelquefois des phénomènes qui nous font craindre des désastres semiblables à ceux qui ont eu lieu

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anciennement. Dolonieu ayant séjourné quelqires mois dans la Calabre^ et observé les effets produits par la catastrophe que cette malheureuse pro- Tince éprouva en 1 78$ ^ catastrophe qui causa la mort de 40 mille personnes , a écrit qu*un effort un peu plus violent aurait peut-être suffi à la nature^ pour effectuer un bouleversement presque général ^ pour changer absolument Tordre actuel des choses^ pour plonger dans la nuit de roubli la génération présente et celles qui Font précédée , pour faire disparoître les monumeus des arts et des connoissances, et enfin pour reporter la société aux temps de sa première enfisince.

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