Tome IL
S3o INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.
montagnes qui sont au-delà dé la première ligne du Jura: ce qui semble démontrer, que ces Uocs sont descendu» de la chaîne centrale, granitique ; qu^après avoir traversé la vallée^ ils sont remoatte }usqu*à une certaine hauteur, et qu*ib n*ont po {iranôhir les premières montagnes du Jura , que dans les lieux où il y avait des interruptions. Ce £sit n*est pourtant pas confirmé par les observations postérieures d'autres naturalistes qui ont trouvé des blocs erratiques sur le revers du Jura, m^éme hors des sites indiqués par Saussure.
§ ^77* Quelques géologues ont pensé que le transport de ces masses s^ effectua avant la formation des vallées intermédiaires» Concevons que depuis le lieu où sont à présent les blocs erratiques jusqu'à la sommité du Mont-Blanc, il existait un plan incliné uniforme , sur le dos duqud ces blocs poussés par des courans d'eau, descendirent; et que ce plan incliné a été ensuite creusé et coupé par les eaux ainsi qu'on le voit maintenant. La distance horizontale depuis le Jura jusqu'aiGE montagnes granitiques, est de 5o milles géographiques; et si avec Playfair, nous évaluoof à dix mille pieds la- différence qu'il y a entre Is hauteur du Mout-Blanc et celle du Jura, la pente du plan, incliné que nous avons supposé , serait d'un mille et trois quarts sur 5o , ou d'un pied sur 3o, inclinaison plus grande que celle qui serait nécessaire pour donner ji /eau une rapidité
LIYEE VI. GHÂP. XeiY. 53t
^ trèé-considèrable et plut que suffisante pour quanti f ifleuve ou un torrent pût transporter des pierres g -ita des blocs de roche à de grandes distant r ce#. Mais on doit faire attention qu*à la hau^ :i teor où se trouvent les granits dans la chaine : centrale du Mont-Blanci) Teau n^est jamais fluide % «t qu^il u*y a là que neiges ou glaces : on ne t^ peut donc supposer Texistence d'un courant d*eau, q[ne dans la ligne de beaucoup inférieure à ces •ommités d'où les granits auraient dâ descendre sur le plan incliné. La dernière limite des neigea perpétuelles dans la chaîne des Alpes, est d*en* TÎron 75oo pieds plus basse que la cime du Mont* Blanc, et partant d*un point si bas, il est difficile Aé supposer des torrens d'eau assez considérables pour produire Teffet dont il s*agit. On pourrait avoir recours au mouvement continuel des glaciers^ occasionné par la chaleur de la terre. Ces grands lacs de glace transportent une immense quantité de roches aussi loin qu'ils peuvent s'étendre : lors-^ qn*ils sont parvenus^ quoique avec lenteur, dans des sites plus bas , ils fondent , se changent en eau , et forment des torrens qui contribuent encore à effectuer le transport des pierres. Mais il convient d'observer que quand une grandi masse de glace passe lentement d'une tempéra* tare froide à une autre qui l'est moins, sa fusioA H^est ni instantanée, ni rapide; elle ne s^opère «a contraire qu'avec lenteur, en sorte qo^elle ni
saurait produire des.torreos.très-iinpètaenx. Enfin rhypothèse de ce plan incliné put-elle servir à rendre raison de la présence des blocs granitiques sur le Jura^ elle serait inapplicable à d^autres localités qui présentent des circonstances différentes , bien qu^on y observe le même phénomène. Les côtes de la basse Allemagne^) le Holstein ^ le Mecklenbourgois ^ la Foméranie et les campagnes de la Livonie et de Tlngrie sont encombrés de blocs erratiques de rocbes primitives, lesquels ont leurs analogues dans la Finlande et dans la Suède , pays qui sont séparés des premiers par la mer Baltique. Oa aurait donc bien de la peine à concevoir un plan incliné qui se serait étendu uniformément sur les lieux qu'occupe actuellement la mer Baltique , et qui aurait joint la Suède et la Finlande . à la basse Allemagne.
§ 578. D'autres géologues ont attribué le transport de semblables blocs à quelque extraordinaire cataclysme., ou au passage de la mer d'un site dans un autre. Dans cha<îune^de ces révolutions, une immense masse d'eau balayant la superficie des montagnes, dut détacher, et transporter.au loin plusieurs de ces blocs. Remontons . par la pensée à cette époque où le fond de Fantiqbe mer s^écroula dans le lieu qu'oqcupe à présent l'Adriatique: la masse des eaux qui se précipita pour aller . rempUr le nouveau yidç , . dut se retirer des