‹ Institutions géologiquesChapitre 197 sur 203 · LIVKE VI. CHAP. XCIV, S^S · texte numérisé non relu

LIVKE VI. CHAP. XCIV, S^S

<léorit les brèches qu^oa trouve dans la Yalorsina : À plus de mille toises de hauteur^ et sur la mon- -tagne du Bon-Homme à plus de 1200 toises auclessus du niveau de la roer. Cette position des brèches ne permet pas de supposer qu^elles aient été transportées et déposées par de^ fleuves ou r par des eaux courantes. Il convient donc de chercher une cause moins circonscrite dans sa manière d^agir^ plus efficace et mieux assortie aux circonstances des lieux t cette cause est la mer. Tous ceux qui se sont trouvés sur ses bords dans des lieux où la plage maritime est pierreuse^ auront vu rouler des cailloux de différentes formes et grandeurs. Outre le roulement occasionné par les courans et par le flux et reflux <, les pierres subissent encore un très-grand frottement, parce que chaque vague les poussant en avant ou en arrière de quelques pas, cette action s^étend sur toute la plage, et même sur le fond de la mer dans les endroits où elle n*est pas fort profonde» Que la mer ait autrefois couvert la plaine delà Lombardie , c^est ce qui est démontré par les corps marins fossiles des monts de Brianza , de la colline de S.^ Colombano , et des environs du lac de Côme. Il en est de même da la plaine de La-Crau , en Provence , qui a incontestablement fait aussi partie du fond de la mer, comme cela est prouvé par là pierre calcaire coquillîère de Palissan , près d'Aix ^ et par le tuf calcaire

pareillement coquiUier, et rempli de madrépores iilancsi) qu^on trouve dan» le voisinage d'Arles, § 583. Lors donc que la mer battait les flancs des Alpes^ une très-grande quantité de fragmem des roches durent se détacher journellement de ces montagnes , rouler et descendre au fond des eaux. Qu'à ces fragmens on joigne rimmensc quantité de pierres qui furent transportées dans la mer par les glaces ^ comme nous Payons dit cidessus (0. Toutes ces pierres exposées au mouvement des courans et des flots de la mer, ont été arrondies , transportées à des distances trèsconsidérables ^ et distribuées avec une sorte d'horizontalité , ainsi que le permettait la configuration du fond. Si Lavoisier ( Académie des sciences 1789 ) a vu à Cherbourg le flux et les vagues de TOcéan rouler des cailloux à 32 pieds de profondeur , renverser et disperser les blocs de roche qu'on y avait entassés pour construire une digue ; si sur les côtes de File de France , Le Gentil ( Voy. Voyage aux Jndes , tom. a , pag. 652,) a vu la mer tourmenter les cailloux, les soulever et les pousser avec fureur et avec

(i) Sau86ure dans le % 536 rapporte que les pioires dont rentaesement forme les moraines des glaciers , sont pour It pluparc arrondies , soit que lorsqu'elles ont roiiLé du haut des montagnes , leurs angles se soient émoussés , soit que les glaces les aient brisés en les frottant et en les serrimt contre leur fond on contre leurs bords.

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