CHAPITRE LÎI
Considérations sur la formation des roches secondaires.
§ 3 1 8. Xj 68 roches secondaires furent produites dans la mer primitive après celles dont nous avons parlé dans lé chapitre précédent; et comme la constitution physique de cette mer<) soit parce qu^elle contenait une moindre quantité de principes chimiques ^ soit parce que sa température avait beaucoup diminuée) était devenue plus favorable au développement des corps organiques^ les empreintes et les dépouilles de ceux-ci abondent dans les roches qui s*y sont formées. Êbel ayant adopté Thypothèse que les roches primitives forent aussi formées dans Teau, et réfléchissant que la matière calcaire est très-fréquente dans les formations secondaires^ a supposé deux états de la mer primitive ^ et considéré celui dans lequel le dépôt du calcaire s* effectua^ comme très-différent de l'autre dans lequel il pense qu'eurent lieu les précipitations chimiques des roches primitives. La différence de ces deux états,, suivant cet auteur ^ consiste en ce que dans le second^ les eaux de la mer contenaient un plus petit
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nombre de principes ^ savoir ^ seulement Tahmine^ la silice^ les métaux, le soufre et Tacide &! fluorique en petite quantité , mais la chaux y r prédominait éminemment. Uaction des forces chi- & miques était foible.»-et les précipitations pour la k majeure partie s'opérèrent mécaniquement Cette iT mer était d'ailleurs peuplée de coquilles et delji molusques; et non-seulement les mêmes principes ic: calcaires y occupaient d'immenses extensions ^t mais les précipitations y eurent lieu partout selon ts des lois égales. Les irrégularités résultaient de m rinégalité de son fond sur lequel la formation m calcaire se déposa; son mouvement était du snd« > est au nord-oue3t; sa constitution changeait pro« gressivement , et les précipitations s'effectuaient à des époques séparées par de longs intervalles. Elle contenait les métaux , et de là vient que beaucoup dei bancs et filons de mines sont contemporains de la formation calcaire ^ et qu'on ne peut pas les considérer comme le remplissage des fentes postérieures.
§ 319. On pourrait faire beaucoup de réflexions sur les idées de ce savant géologue^ dont quelques-unes comme la présence des corps marins et des substances métalliques dans la mer primitive ^ sont aussi justes que probables^ tandis que d'autres me semblent manquer entièrement d'appui. Je ne crois pas que l'eau ait coopéré à la production des roches primitives, comme
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je Fai déjà dit plusieurs fois, parce qu^il est probable qu*à cette époque , elle n^existait pas encore. En outre, dans la formation des roches secondaires, Êbel ne fait intervenir ni Faction de la chaleur , ni celle des principes chimiques ^ si Ton excepte une petite quantité d'acide fluo» rique. Gomme les analyses chimiques retirent des roches secondaires , les mêmes élémens terreux et métalliques qu'on obtient des roches primitives , je ne vois point de raison qui puisse nous porter à croire qu'à l'époque des formations Becondaires, ces principes fussent en plus petit nombre, et que par conséquent Faction des forces /chimiques exerçât une moindre influence. Si d'ailleurs on réfléchit qu'à cette époque , il se forma de nombreuses et immenses masses de carbonate, de sulfate et de phosphate de chaux ^ et de copieux dépôts de substances salines, il y a lieu de présumer que les principes chimiques étaient très-abondans et dans un état de liberté peut-être plus grand que celui dont ils avaient participé à l'époque des formations précédentes. Que si dans les roches secondaires, les caractères de la cristallisation sont beaucoup moins sensibles , cette différence ne me parok pas devoir être attribuée aux changemens survenus dans les précipitations, qui au lieu d'être chimiques, sont devenus mécaniques ; mais il faut en chercher la cause dans la diminution de la température
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de la mer primitÎTe, qui^ à mesure 'qa^elle se re« froidissait , devenait incapable de tenir en dk« •olation les miïtières terreuses qui se déposaient confusément sur son fond* Tadmets encore que la constitution de cette mer avait subi un chao*gement progressif aussi considérable que le prétend M/ Ébel; mais il convient d^indiquer en quoi consistait ce changement progressif^ et il me paroît que la conjecture la plus vraisemblable qu'on puisse former à cet égard ^ c'est de supposer la diminution tant de la températmre qui peu à peu se rapprochait de celle d'à présent, que des principes chimiques qui se combinaient avec les matières terreuses. (On peut voir ce qui a été dit dans le chap. XLYII sur la constitudon physique de la mer primitwe. )
§ 320. Nous avons dit que la plus grande partie des principes chimiques se séparèrent des eaux de la mer pour entrer dans la formation des roches secondaires^ et que la température se rapprocha peu à peu de son état actuel; dèslors ^ bien qu'une immense quantité de matières terreuses se rassemble continuellement sur )e fond de la mer^ ces matières ne se consolident pourtant pas en couches pierreuses comme cela est arrivé dans des temps antérieurs. Nous en avons un exemple dans ces terrains marneux et sablonneux que la mer abandonna lors de sa dernière retraite de quelques parties du continent.