‹ Institutions géologiquesChapitre 3 sur 203 · LIVRE IV. CHAP. XLVII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. XLVII

milieu d^une masse molle ^ et vient à dégorger à la superficie , il en déchirera les parties et formera un vide dans la direction de son passage. La matière qui occupait cet endroit^ sera soulevée et renvereée sur celle qui en formait les parois; et si dans un certain espace de temps ces masses de matière viennent à se refroidir ^ il y aura des parties élevées et d* autres déprimées. Mais si au lieu de former un jet continu^ le gaz s^élève en forme de bulles, qui viennent Be rompre à la superficie, on aura le même effet répété en petit et sur divers points. Alors les parties de la superficie seront scorifiées , boursouflées, poreuses et légères. Il est très-probable que tout cela est arrivé en grand dans le globe terrestre, et que sa superficie est restée couverte d^une immense quantité de matières poreuses et légères, résidu de la première consolidation. Ces matières devaient être de la même nature que les parties consolidées , c'est-à-dire qu'elles devaient contenir les mêmes principes élémentaires soit terreux, soit métalliques; elles n'étaient pas unies en solides cristallisés, parce qu'elles formaient des masses poreuses et étaient en manière de scories ; elles pouvaient cependant contenir ces cristallisations régulières qui n'avaient pas été enveloppées dans la consolidation des roches et qui avaient été transportées à la superficie par le passage des vapeurs et des gaz. C'est ainsi

qu'on voit sortir quelquefois des bouches des volcans , de copieux grêlons de pyroxènes et d'amphigènes qu'on trouve ensuite parmi les Cendres. Enfin le grain de ces matières pouvait être cristallin comme on le voit dans les pierres ponces et dans les autres scories des volcans.

§ aça. Aussi long-temps qu'il y eut dans le globe une très-grande quantité de calorique , re;au engendrée par la combinaison de Toxigène avec rhydrogène ^ resta dans l'état de vapeur mêlée avec les autres gaz qui composaient l'atmosphère : mais lorsque ce refroidissement de la superficie fut parvenu au point que l'eaii n'était plus réduite en vapeur, elle commença à se précipiter de l'atmosphère et à remplir les cavités de la superficie terrestre; et si leur capacité n'eût pas suffi pour en contenir toute la masse , elle aurait formé une couche autour du globe. Dans ce cas, la terre eût été environnée de deux couches fluides; la première plus pesante et plus dense , une couche d'eau ou bien la mer ; la seconde , une couche de fluides aériformes. Du reste , il semble très-probâblef que les enfoncemens de la superficie terrestre furent suffisans pour contenir toute la masse des eaux, et que par conséquent il y eut plusieurs points de cette superficie qui se trouvèrent élevés au-dessus de la mer primitive. Nous aurons occasion dans la suite de parler du lit de cette mer; examinons maintenant quelle pouvait, être sa nature.

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