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LIVRE IV. CHAP. XLVII

§ 293. Il semble que la mer primitive dût étr« très-diflférente de la mer actuelle; i.® à cause de la* chaleiïr dont ses eaux étaient animées : car la température superficielle du globe ^ bien que diminuée au point que Teau n^était plus réduite en vapeurs , était pourtant encore élevée à ce haut degré qui peut se concilier avec Tétat fluide et non vaporeux de cette eau ; et cette intensité de chaleur résultait de la partie la plus interne du globe encore fluide (Voy. § i5o et 8uiv. ) ; 2.^ à cause des principes chimiques qui y étaient dissous : pendant que la consolidation du globe s* opérait^ le calorique se combinait avec les bases solides des principes chimiques , et s^associait à leurs combinaisons. Les produits qui, à ce degré de température, étaient susceptibles de prendre la forme gazeuse, se séparaient de la masse terrestre et allaient se mêler à Fatmosphère \ et comme parmi les substances qui sont susceptibles de recevoir la forme élastique , il y en a beaucoup de solubles dans Teau , quand celle-Àci abandonnant la forme vaporeuse , se^ sépara de Fatmosphère, elle dut transporter avec elle toutes les substances chimiques qui pouvaient être dissoutes ; 3.^ à cause du mouvement violent et continu de sa masse. En efiet, sL dans le coiurs actuellement régulier des choses, la mer est quelquefois sujette à de fortes commotions produites par des causes perturbatrices accidentelles,

ces combinaisons devaient être bien plus fréquentes dans les premières périodes de son existence , lorsqu'une grande partie de ses élémens étaient encore en mouvement; que ses eaux étaient animées par une chaleur intense; que le développement des gaz n'avait pas cessé à son fond, et que l'atmosphère troublée par l'électricité, agitée par les vents et par le mouvement de toutes ces substances qui se séparaient d'elle ou se formaient dans son sein , communiquait ses propres agitations à la masse des eaux. De ce mouvement violent de la mer primitive, devaient résulter deux principaux eflFets : d'abord une très-grande trituration des parties fragiles de la superficie terrestre ; ensuite de grandes et irrégulières accumulations de matières. Il était <lifficile qu'au milieu de ce mouvement, des précipitations régulières eussent lieu; et peut-être est-ce à cause de cela , que les premières roches qui se formèrent avec le concours de l'eau, paroissent rarement stratifiées : telles sont celles qu'on appelle de transition, et dont nous parlerons bientôt. Les eaux de cette mer primitive encore bouillantes et animées par tant de principes chimiques , pouvaient dissoudre ou du moins tenir suspendues beaucoup de terres qui , ensuite se précipitant, se consolidèrent en couches sous la compression de la masse des eaux , et par l'effet de la chaleur qui existait encore dans l'intérieur de la masse terrestre.

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