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CHAPITRE LV

Des trapps secondaires ou stratifiés.

§ 333. Quoique dans la série des roches secondaires ^ les formations prédominantes soient celles des arénaires et des carbonates calcaires (Voy. § 327), on y rencontre quelquefois une roche argilo-ferrugineuse ^ de couleur obscure ^ semblable en apparence à celle dont nous avons parlé dans le chapitre XLVI , et à laquelle on a donné le no|B de trapp. Cette roche lorsquVlle est associée aux substances pierreuses primordiales, appartenant à la première consolidation de la superficie terrestre, est désignée par le Bom de trapp primitif: par la même raison, on rappelle trapp secondaire ou ^^oti^^, lorsqu'elle comparoît dans les formations secondaires. Il convient cependant d'observer que si Tamphibole ( Voy. chap. XLVI ) est un des principes consti-^ tutifs des trapps primitifs, à la place de cette substance^ on trouve dans les trapps secondaires, le pyroxène noirâtre ou vert-obscur ( augite de Vemer ) (^). Cette diflRrence qui se fait remarquer dans Fun des principaux élémens, suffirait

(i) Le pyroxène se trouve, i.^ dans lev roche» primitives comme lei pyroxènet dits musskes , aUiites , etc. ; a.* dans ks tnpp*

pour nous convaincre que c'est fort improprement qu'en géologie ^ on donne quelquefois le même nom à des substances différentes. Faujas dans | ses Essais de géologie, part. 2/^ après avoir fait ^ avec la plume de Buffon^ un éloquent tableau des bouleversemens qu'a subis la superficie du globe, explique à la page 276, la manière dont il conçoit que s'opéra la formation des trapps secon* daires^ formation qu'il fait dériver de la destruction des trapps primitifs. « La même cause ^ dit-il , ^ qui a ébranlé tant de montagnes , ayant agi » sur les roches de trapp ^ en a transporté de » même les débris sous forme de brèche ^ de >» poudingue ou de dépôts terreux. Il est même -» assez vraisemblable que dans certains cas^ des y> eaux saturées de gaz , se sont emparées de » ces terres de transport ^ et les ont dissoutes a> «en tout ou en partie. Dès-lors rien n'a em- -» péché quel la précipitation de ces matières » n'ait eu lieu sous forme de sédimens solides 3» ou même de consolidation pierreuse; mais ces

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secondaires ou stratifiés; 3.*^ dans les matières éyidenunent yoIcaniques. Les premiers sont très-différens des autres deux qui vt ressemblent beaucoup.' Les trapps stratifiés de la vallée de* Fasss contiennent beaucoup de pyroxènes dont la ma|enre partie ap* pardennent à la variété soustractiçe d^Haùy , qu*on observe àtfê les cristaux de pyroxène des contrées volcaniques ; et il est à remarquer que ces pyroxènes des trapps de Fassa se réduisent par la décomposition à une terre verte semblable ^ ^^'^ ^^ Vérone (baldogée).

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« espèces de trapps secondaires doiyent leur » naissanœ aux premières ^ et cette formatioa » n^est en quelque sorte qu^un accessoire acci- ^ dentel qui d^end d^une cause perturbatrice ••• » Ces sortes de trapps remaniés ainsi par les ^ eaux^ fournissent encore un surcroît de preuves^ 3» puisqu'ils attestent d'une part ^ Texistence pre- » mière des roches trappèennes qui ont fourni » les matériaux de ces trapps d'alluyion^ ce qu'on » ne saurait trop répéter ; de l'autre , elles dé- > montrent que de grandes révolutions posté- » rieures à celles qui ont contribué à la forma* » tion des granits^ des porphyres et des roches » detrapp^ ont eu lieu^. et ne sauraient être » raisonnablement contestées par ceux qui ne » veulent ou ne savent pas observer la nature, v % 334* La manière compliquée dont Faujas explique la formation des trapps secondaires ^ la différence et la multiplicité des idées auxquelles il a recours^ considérant ces roches tantôt comme des précipitations et des sédimens ^ tantôt comme des roches d'alluvion , démontrent la fécondité de son imagination^ mais elles attestent aussi rembarras de son esprit. Il semble avoir adopté du moins en partie , les idées de ces géologues cpii enseignent qu'après la consolidation des roches primitives et de transition^ la, mer se. retira delà superficie de la terre , que ses eaux se réduisirent à peu près au niveau actuel ^ . et que

cette période £at de très-longue durée pour qae la partie dessédlièe du globe peut être long-tempi habitée. On suppose ensuite qu^il «^opéra une immense dévolution ^ que les eaux durent s'éle» ver rapidement et tumultueusement jusqa^au-desBi» des plus hautes sommités^ envelopper tous les êtres animés qui se trouvaient sur la terre habi» tée ^ et amonceler confusément leurs dépouilles avec les fragmens de la matière solide du glob6b^4 Diaprés Thypothèse de ces géologues^ c'est à Tépo» ^i que de cette catastrophe générale ^ qu'eut lieu ^ la formation des roches trappéennes stratifiées ^ ^ et que ces roches furent déposées de manière à ^ couvrir si non toute la superficie du globe, da ;i moins de vastes contrées , quoique maintenant on | ne les trouve qu'en masses détachées et rompues^ i

% 335. Le savant Jameson regarde coaune évident , vu la nature et la position des roches trappéennes , qu'elles aient été formées par un vaste déluge; que l'eau se soit élevée rapidement; qu'ensuite elle soit devenue plus tranquille; que durant ce calme, elle ait déposé les diverses roches qui appartiennent à cette formation ; et qu'enfin elle ait repris tout à coup son premier niveau. La stratification interrompue qui appar* tient aux roches formées dans cette période , et qui les caractérise d'une manière si particulière^ est principalement due à cette retraite violente des eaux. Le célèbre géologue Reuss a encore

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