LIVRE IV. CHAP. XLVn
§ 294. Il me semble qu^en géologie ^ on peat <!ommencer à parier du fluide aqueux à Fépoque des formations dites de transition et secondaires^ puisqu^alors il est facile de concevoir, i.® que la chaleur du globe et la présence de la majeure partie des principes chimiques étaient capables de donner à Teau de la mer primitive , la force de tenir ou dissoutes ou du moins suspendues beaucoup de terres qui sont insolubles dans Teau lorsque celle-ci est dans son état naturel; 2.^ que la masse d^eau existante dans la nature était proportionnée à cet effet, en le restreignant aux terres restantes après la première consolidation^ et qui ont produit les roches des formations postérieures à la primitive, dont la superficie du globe est recouverte en quelques points; 3.® que ces terres durent se séparer du fluide à mesure que la température de celui-ci diminuait, et que les principes chimiques se combinaient avec elles^ c'est-à-dire , à mesure que les acides carbonique^ phosphorique , fluorique , sulfurique entraient en combinaison avec les terres et avec les métaux ; 4.^ que les caractères et les degrés de la cristallisation devaient s'affoiblir et s'effacer progressivement , parce que la température de la mer venant à décroître , et la quantité des principes chimiques diminuant d'autant , les solutions des^ terres étaient beaucoup moins parfaites , question que nous examinerons plus particulièrement dans
lO INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.
]e chapitre suivant. Tous les naturalistes qui ont voulu soutenir le système des dissolutions et des précipitations^ ont dii reconnoître Finsuflidance de Teau pure ^ pour rendre raison de la solution de la matière terrestre. De là ^ quelques-uns ont eu recours à la chaleur ^ d* autres aux acides ^ etc. Mais quelle origine pourra-t-on assigner à ces principes? Comment concevoir leur présence dans Feau ? En réfléchissant à ce qui a été dit * dans les §." 97 et 1 5o , on trouvera des moyens probables pour expliquer ces mystères : et pour rendre raison des précipitations subséquentes^ puisqu^il faut encore ( Voy. § 29 ) s'occuper de cet objet, ou peut avoir recours à la diminution de la chaleur, de la manière que nous Tavons exposé dans les §/' i5o et i5i. Eneflfet,ily a lieu de conjecturer qu'à mesure c[ue la température de la mer primitive diminua, il dut s'opérer encore beaucoup de précipitations, et que plusieurs substances se séparèrent du fluide. En excluant dans la formation des roches dites primitives et qui probablement constituent la majeure partie de notre planète, l'influence de l'eau, il nous sera facile d'expliquer d'après les principes que nous avons établis , comment par le concours de l'eau,, ont pu se former les autres roches dans lesquelles on remarque très-bien la coopération de ce fluide.