‹ Institutions géologiquesChapitre 40 sur 203 · LIVRE. IV. CHAP. LVI · texte numérisé non relu

LIVRE. IV. CHAP. LVI

et plus ordinairement droite que conchoïde^ et qui forme plus souvent des couches ou inclinées ou verticales que des couches horizontales ; lor«>qu^ils s'accordent à donner le nom de calcaire alpm à la pierre calcaire qui a une couleur moins sombre^ ordinairement d'un gris cendré, qui passe quelquefois au gris bleuâtre et au gris de fumée ^ dans laquelle les parties spathiques sont plus raresi^ qui en général a une stratification plus régulière ^ et qui dans les montagnes s'élève ordinairement d'un côté par une pente douce , tandis que de l'autre elle se termine par des escarpemens qui forment des précipices ; lors enfin qu'ils s'accordent à attribuer la dénomination de calcaire du Jura 9 à la pierre calcaire de texture compacte ^ de fracture conchoide, ordinairement blanchâtre ou d'un blanc grisâtre tirant quelquefois sur le blanc*- jaunâtr Ci) dans laquelle les corps organiques sont plutôt rares que fréquens, mais qui renferme des couches subordonnées de grès abondant en corps organiques, spécialement en gryphites, aotimonites , belcmnites , etc. ; lors , dis-je , que les géologues s'accordent sur la valeur de ces dénominations , ils pourraient se dispenser de dé* crire en détail les pierres calcaires d'une contrée lesquelles présenteraient des caractères semblables à ceux des roches ci-dessus dénommées: c'est ainsi que nous le voyons pratiqué par Humboldt, qûi^ en parlant de quelques montagnes calcaires dés

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régions èquinoxiales ^ s^èst servi dès termes de calcaire alpin .... de calcaire du /ura , etc. ; mais •i par ces dénominations ^ on voulait indiquer tant les caractères extérieurs et les principales propriétés de ces pierres , que les époques de leur formation^ et juger de leur plus grande ou de leur moindre ancienneté^ on se perdrait dans des conjectures d^ autant plus confuses et incertaines qu*on serait souvent forcé à changer !de sentiment ^ et à reconnoître pour plus récent , ce calcaire ' que , dans d^autres lieux , les circoastances géognostiqués nous auraient porté à croire plus ancien ^ et viceversa. hes seules observations locales pourront donc nous mettre à même de décider quelle espèce de pierre calcaire dans telle contrée est plus ancienne ou plus récente. Si nous examinons tout ce qu'a été écrit sur les roches calcaires des Alpes et du Jura par MM/ Mohs , Ëscher 5» Ébel , Saussure , André , Omalius d'Haïloy et 'Brochant , nous verrons qu'il existe encc^re beaucoup d'incertitude dans la détermination et dans la classification des mêmes roches» % 339. Les précipitations qui donnèrent naissance aux roches secondaires^ ne furent pas toujours égales et uniformes. Les premières qai eurent lieu dans une mer encore animée par une grande chaleur et chargée des principes chimir ques, durent être différentes de celles qui s'opérèrent lorsque la température de cette mer et la

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quantité des principes . chimiques eurent considérablement diminué. Des variations de ces deux élémens', ont dd nécessairement résulter ces différences observées entre quelques roches calcaires ^ et qui ont obligé les géologues à admettre diverses époques dans la formation du calcaire stratifié. Mais ces changemens n^ont pas été partout les mêmes; une foule de combinaisons particulières ont pu dans plusieurs lieux, en altérer le cours régulier et uniforme. Il est possible encore que la précipitation d*une substance ait été suspendue ou modifiée par un changement subit de température ou par le concours de qnelqu*autre madère , ou par le prompt développement de quelque gaz. Le plan des opérations de la nature bien qu'uniforme et régulier en grand , a pu dans ses détails être sujet à Tinfluence des causes perturbatrices.

. § 340. Le calcaire secondaire se distingue principalement par la quantité d'empreintes de corpS; organiques qu'il contient ; et c'est à cause de cela qu'on l'a encore appelé calcaire coquilUeK Une singularité qui mérite surtout d'être observée , c'est que certaines familles de corps marins se trouvent constamment dans quelques variétés du carbonate calcaire. Les masses calcaires ooquillières forment des chaînes de montagnes stratifiées souvent très-élevées : dans les Pyrénées on en voit qui parviennent jusqu'à la hauteur

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de 36oo mètres. La chaîne centrale de rÂpennia qui divise Fltalie dans la direction de sa longueur^ est formée en très-grande partie de cette i espèce de roche calcaire ^ qui ^ dans quelques i lieux ^ douée d'un grain compacte , trèa-fin et i capable de recevoir un beau lustre, fournit beaucoup de variétés de marbre. En observant les diverses formes sous lesquelles les corps organiques marins se présentent dans les pierres calcaires^ on est forcé de reconnoître que la consolidation de ces pierres appartient à des époques différentes, et que celles dans lesquelles on voit Jes coquilles de ces animaux^ sont beaucoup plus récentes que les autres dans lesquelles toutes parties organiques ayant disparu ^ il ne reste que les traces des formes empreintes dans la substance calcaire. Du reste ^ les combinaisons particulières ont pu donner lieu à quelques exceptions. Parmi les marbres calcaires coquilliers ^ la superbe lumachelle opaline de Garinthie qui sert dé toit à la mine de plomb de Bleyberg , mérite une mention particulière. Cette belle pierre suscep* tible de prendre le poii^ renferme beaucoup de corps marins^ qui pour me servir des expressions de M.'' Brongniart^ se font distinguer par leur nacré brillant et magnifiquement irisé ^ qui a quelquefois Féclat rouge -orangé d'un charixm enflammé.

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