UVRE IV. CHAP. LVI. I
§ 341* Plusieurs naturalistes ont cru reaiarc{uer qtielque rapport entre les masses calcaires 9tra« tifièes et leurs gisemens géographiques à la supei^ ficie du globe. Ils ont penjsè que les montagnes composées de couches calcaires diminuent en hauteur à mesure qu^on va vers Féquateur, et que dans cette partie du globe ^ ces montagnes ne d^ élèvent pas beaucoup au-dessus du niveau de la mer. Cette opinion est contredite par le voyage de M/ Humboldt. La roche calcaire superposée au grès^ et sur laquelle est bâti le sanctuaire de Notre-Dame de Bethléem dans le royaume de la nouvelle Grenade, s* élève de 8186 pieds ( 2659 mètres ) au-dessus du niveau de la mer. La pierre calcaire alpine avec des ammo^^ nites , se trouve dans le Pérou à la hauteur de 81 56 pieds (2650 mètres). La pente orientale des. Andes est couverte de pierre calcaire alpine, et Foccidentale présente une formation problé-» matiqae de quartz , recouverte par la pierre cal^ Caire coquillière. Dans ce voyage si intéressant pour toutes les branches des sciences naturelles, on trouvera beaucoup d'autres exemples de montagnes calcaires situées au voisinage de Téquateur et qui s'élèvent à des hauteurs considérables. Si Forster en parcourant les latitudes australes presque jusqu'au 70.* degré , observa dans toutes les îles et sur toutes les côtes où il aborda ^ beaucoup de roches granitiques et très-peu de rocher
calcaires; un autre naturaliste^ Pallas, nous assure que parmi toutes les montagnes calcaires qu'il a observées entre le 5o.* et le 60.* degrés de latkude boréale ^ il n'y en a point qui ait plus de 100 toises d'élévation. Au contraire dans la Suisse , qui , située entre le 46.* et le 48/ degrés de la même latitude boréale ^ est beaucoup plus voisine de Féquàteuri) la formation cajcaire da côté septentrional des Alpes ^ s'élève à plus de i 12000 pieds de hauteur. Il paroît donc qu'il n'y 1 a aucun rapport entre l'iatensité de la formation calcaire et la situation géographique des lieux. Dans le calcaire secondaire on touve h^ quemment des pierres siliceuses tantôt en petits filons ^ et tantôt en masses quelquefois arrondies et éparses dans la pâte du calcaire. Comme l'origine de ces pierres est un des problèmes géologiques les plus iotéressans^ et qu'il me paroit que jusqu'à présent on n'en a donné aucune solution satisfaisante ^ je crois qu'il . convient de le discuter en particulier ; ce n'est pas que je piretende le résoudre ; mais j'indiquerai quelques observations qui peut-être ne seront pas inutiks à ceux qui voudront s'oecuper du même objet
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