‹ Institutions géologiquesChapitre 42 sur 203 · CHAPITRE LVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVII

Des pierres siliceuses qu*on trouve dans les roches calcaires secondaires.

§ 342. Dolomieu dans son Mémoire 9ur les pierres composées et sut les roches , a bien raison de dire que le silex si commun dans les bancs calcaires et dans les couches de craie ^ est un grand problème en géologie. Aussi long-temps avant lui , Heuckel s'écriait-il : 6 silex ! quelle est donc la matière qui t*a pr^oduitl Zimmerman^» son commentateur^ assure que les pierre» à feu^ si BOUS en avions une histoire complète ^ nous fairaient eonnokre des vérités bien utiles: Il y a peu de montagne» calcaires secondaires du globe, dans lesquelles on ne remarcpe ce mélange de la pierre siliceuse avec le calcaire. Les voyageurs naturalistes l'ont observé au Cap-Non de F Afrique , à Cadix ^ dans là Manche et dans la Provence. L'énorme montagne basaltique du Pic de Ténériffe repose sur un calcaire qui contient des pierres siliceuses ^ et ce même agrégat forme la base des basaltes de S.^ Loup près d'Egde ^ en France. L'Apennin est formé en grande partie , de cette même pierre qu'on peut observer encore en divers lieux peu distans de Milan ^ comme à Arso^

à Commerio entre Gavîrate et Varèse , dans les alentours de Canzo ^ à Camnago près de Côme, et sur la colline située entre Côme et Chiasso. Dire que la terre calcaire s'est changée en piene k siliceuse ou que celle-ci s'est transformée en pierre «m calcaire ^ c*est plutôt trancher la difficulté que fn la résoudre. Quoique ces métamorphoses d'une a» terre en une autre ^ soient admises par quelques )sg naturalistes ^ et qu'il paroisse qu il y a des phén<H a mènes qui les rendent si non probables^ du moini fp pos.ç'ibles ^ je pense qu'abstraction faite des pro* Ici cédés ^e la vitalité soit animale, soit végétale^ |t qui nous sont inconnus , le naturaliste . doit ètn h très-circonspect lorsqu'il s'agit de recourir à cci Im sortes de transformations. On considère encore k les terres siliceuse et calcaire comme des terres \ tiémentaires , c'est-à-dire ^ indécomposées ; et si '; adoptant la doctrine de Davy , nous les regardons ) comme des oxides métalliques, l'oxigène sera corn* ) mun à l'une et à l'autre de ces deux terres, mais leurs bases métalliques simples seront d'une nature différente, et je ne connois point d'.obser^ vation directe qui puisse nous faire soupçonner le passage de l'une à l'autre.

% 343. Quejques-uns ont supposé que les lieux occupés par les pierres siliceuses , furent jadis des nids d'animaux marins testacés, molusques , zoa^ phytes , etc. , et que l'affinité que la matière or** ganique de ces animaux a avec, la terre

LIVKE IV. CHAP. LVIÎ. IO7.

iroduisit une espèce de séparation entre Tnne et 'autre. Mais comme la substance siliceuse est rk^ )andue en très-grande quantité dans quelques nontagnes entièrement formées de pierre calcaire compacte , et dans lesquelles on n'aperçoit auruii« trace de corps marins ^^ il ne paroît pas que reux-ci aient pu influer sur la production de ces Basses siliceuses ou de ces couches de pierre à eu très-minces. En outre ^ si la présence des rorps marins avait déterminé la terre siliceuse à c concenti'er dans quelques pierres calcaires, pourquoi n'en trouverait-on aucune trace dans ant de marbres calcaires qui ne sont qu'un méange de coquilles, et qui cependant ne montrent aucune partie siliceuse.

% 344* Linné dans son Système de la nature^ dit : Silex nascitur in montium cretcbceorum rimis^ uti quarzum in rimis saxorum. Comme nous ignorons de quelle manière cet auteur concevait la gènèradon du quartz dans les fentes des pierres siliceuses , il nous serait assez diflScile de deviner quelle fut son opinion sur l'origine de pierres à feu qu'on trouve dans les montagnes calcaires. Bien que ce grand homme eût beaucoup observé la cristallisation des fossiles , les idées des naturalistes sur cet intéressant ^phénomène avaient besoin d'être rectifiées. Nous savons maintenant qae le quartz est une cristallisation de la terre siliceuse <^ et qu'il se forme dans le sein des pierres

siliceuses ^ là où se trouve un espace propre à h réunion de leurs molécules ^ réunion détermiâèe par la foi'ce d^attraction ou par la polarité cristaliifique. Si telle fut la manière de penser de linné ^ il se serait beaucoup rapproché de Vex* plication que je croîs la plus probable. For(il| dans ses FoycLges en Dcdmade^ lettre i.% vol. aj'j en parlant du comté de Trau^ décrit les pierrelf^ siliceuses qu^on voit encastrées dans la rochtf calcaire de cette contrée^ et il penche à les cou* ^ sidérer comme des fragmens d^anciennes mon'tagnes qui n^existent plus. Cependant après avoir rapporté quelques observations à Fàppui de sa conjecture ^ il conclud en reconnoissant la diflEn culte qu il y a d^expliquer un pareil phénomène* § 345. Dans mes Voyages physiques et lidiôlo^ giques dans la Campanie ^ imprimés à Paris en 1800 y j'indiquai succinctement un principe qui peut servir ^ ce me semble ^ à rendre raison de ce fait ; c'est de remonter à la formation primitive des montagnes où Ton observe ce même fait^ et de les considérer dans leur passage de Fétat de fluidité ou de mollesse à celui <lexronsolidation. M/ Hacquet dans un Mémoire trèsintéssant inséré dans le Journal de Gehlén ^ . tCMn. I ^ an 1806 ^ après avoir décrit quelques colline de rAutriohe ^ et principalement celle appelée Zapronci^ formée d'une marne calcaire et traversée par quelques lits de pierres à feu^ eu masses

Page 1