UVRE IV. CHAP. LVIL IO
«rbiciilaires aplaties ^ m^a fait Thonneur de rapporter mon opinion. Du reste ^ il rejette cette opinion , et au principe que j'avais indiqué ^ il ïn substitue un autre ., disant qu^il croit que ces 3ien*es siliceuses sont propres non-seulement des montagnes secondaires^ mais encore de celles JTalluvion , et qu'il est persuadé qu'elles résultent des parties siliceuses ^ qui , par le moyen it la chaux ^ ont été dissoutes dans Teau^ et (pe ce fluide en s'infiltrant dans les pierres calcaires, y a déposées. Il ajoute qu'il a observé ^elques-unes de ces masses qui avaient dans leur intérieur un vide tapissé de cristaux de spath calcaire , ce qui lui paroît indiquer que leur origine est très-récente. Il est facile de voir que l'opinion de M.' Hacquet coïncide avec celle de Verner; en effet, celui-ci a pensé que pendant ^e les dépositions calcaires s'opéraient, il se développa quelque fluide élastique , et que .ce ïuidë faisant effort pour se dégager, forma des [cavités irrégulières qui dans la suite ont été remplies par des infiltrations siliceuses. La cause trèsprobable qui produisit ces fluides gazeux- dérivait^ suivant "W^emer , de la décomposition des parties molles des animaux qui demeurèrent enseveliea dans les dépositions , et dont on : trouve encore les dépouilles ( Voy. BibL brit.^ tom. 5a, pag. 83 ). § 346. Mais jettons un coup d'œil sur les circonstances du phénomène; examinons de quelle
im INSTITUTIONS GEOLOGIQUES.
et tantôt des masses plus ou moins grandes et isolées, c^est-à-dire , environnées de tous cÂtés par la substance calcaire. Cest à ces parties ai- k: Uceuses que Tosil distmgue facilement à cause de l« la diversité de couleur qui résulte d^un degré ji de transparence que n^a point la pierre càlcaiie^ que nos lapidaires ont donné le nom de caicéduÀntty dénomination qui peut bien manquer . d^exactir |a tudè, niiais qu^on ne saurait certainement regardcV'^S comme erronée, vu Tanalogie qu'ail y a entre «! la. calcédoine, et les substances siliceuses. Tobser- . verai encore ^ue la petite colline qu on trav^me | en allant dé Gôme à Chiasso , est formée d^nne pierre calcaire siliceuse qui ressemble beaucoup, à une variété du calcaire du Jura» . Lorsque je visitai cette contrée , je reconnus que la terre siliceuse est généralement éparse dans la pâte do la pierre, .quelquefois cependant réunie en masses tellement identifiées avec le carbonate calcaire qu^on ne peut pas douter que Tune et Tautre ne se soient consolidées simultanément. Je ne dois pas passer sous silence une circonstance très-intéressante, c'est la singulière manière dont les deux substances calcaire et siliceuse alternent quelquefois entr^dles. On rencontre fréquemment des masses calcaires qui contiennent un noyau siliceux au quel elles sont unies dans tous les points par un contact si immédiat , que ce noyau paroît être une continuation de la même masse; et quelquefois
uVrE IV^ CHAP. LVH, IlS
dans la partie centrale de ce méttie noyau , on. voit se reproduire ïa substance calcaire (>). Tai trouvé quelques échantillons analogues dans la montagne calcaire de Feltre, en suivant la route qui conduit à Bellune ^ et sur la colline de Gamni^o ^ aux environs de Côme ^ dans une pierre calcaire dont les fentes renferment souvent le spath calcaire à dent de porc ( chaux carbonatée métastatique d^Haûy) coloré en noir par une substance bitumineuse.
§ 348. Je regarde comme impossible d*expliquer d*une manière satisfaisante par le principe de Tinfiltration (^), les phénomènes que je viens d^ exposer. Il est bien plus simple et plus naturel de déduire cette explication, de la constitution physique du corps à Tépoque de sa consolidation. Concevons donc une masse molle ou demi-fluide contenant un mélange de diverses terres; Fattraction qui règne principalement entre les parties similaires , entraînera vers quelques points
(i) n paroit que Zimmerman a fait une équivoque lonqu*il a dit dans aea notes sur Touvrage de M.' Heuckel i que le sileit vers son centre ou son noyau , est toujours plus dur , plus pur , plna transparent, tandis qu'on voit fréquenunent des pierres si* htmuet dont le centre est formé de pierre calcaire.
(sk) Quoique Dolomieu ait été le principal promoteur de l'infiltration > et qu'il ait fait peut-être un trop fréquent usage de ce principe ^ il n'a pourtant pas eu le courage d'y recourir lorsqa*fl a parlé des pierres siliceuses unies aux pierres calcaires» «t par cfkiitéqnent il a laissé le problème iaàààê.
Tom U. 8
Il4 INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.
les substances homogènes : ainsi il se formera dans la masse^ divers centres d^ attraction autoar desquels se disposeront les parties homogènes^ t en se séparant des autres. Cette séparation pourra é] quelquefois ^ selon les diverses combinaisons , |tn être si parfaite^ que dans le composé^ il ne res- ^ tera aucun mélange d'élémens: mais d* autrefois ii la séparation sera ^ pour ainsi dire ^ grossière , je] et il en résultera des masses qui bien que di»- t tinctes^ présenteront néanmoins quelque mélange t de petites parties. Ensuite les circonstances d^one \ plus grande ou d^une moindre compression de ! la matière calcaire contigue pourront déterminer les diverses figures dans les masses siliceuses encore molles. Je pourrais confirmer ce que je viens de dire par plusieurs exemples. C'est ce que je me réserve de faire lorsque je tâcherai d'expliquer par le même principe , Forigine des dépôts métalliques : je me contenterai pour le présent de faire observçr qu'en examinant avec attention la manière dont la pierre siliceuse se trouve unie à la pierre calcaire^ il semble évident que la formation de Tune et de l'autre est contemporaine de la consolidation des montagnes calcaires qui les renferment; et comme ces montagnes doivent leur origine à des précipitations qui ont eu lieu dans la mer primitive non encore parvenue à son état actuel , les circonstances dans lesquels se trouvaient les eaux de cette mer.