‹ Institutions géologiquesChapitre 46 sur 203 · LIVRE IV. GHÂF. LVIIt · texte numérisé non relu

LIVRE IV. GHÂF. LVIIt

La caractéristique de ces terrains ou couches est de présenter des coquilles terrestres ou d^eau douce. D'Audebord de Ferrusac que j'ai déjà cité ( Voy. Considérations générales sur les fossiles (Teau douce ) assure que dans les diverses couches qu'on a observées jusqu'à présent, on a trouvé 83 espèces de coquilles fluviatiles et terrestres , dont a 5 ont leurs analogues vivantes sur le m^me sol qui renferme les fossiles; 8 dans les pays étrangers, comme les Indes, i'Ainérique; et 5o n'ont été trouvées jusqu'aujourd'hui que dans l'état fossile. % 354. Aux environs de Rome , il y a une formation d'eau douce très-étendue; c'est celle <{ui a produit le travertin, pierre à laqpelle les E.omains tant anciens que modernes doivent en grande partie là supériorité qu'ils ont toujours eue sur les autres nations , en élevant des monmnens aussi remarquables par leur imposante grandeur que par leur belle architecture. Cette roche est disposée en couches horizontales ; sa couleur , quand on la tire de la carrière , est blanche , mais après une certain temps elle devient d'cm blanc jaunâtre^ et prend ensuite une teinte rougeâtre très-agréable à l'œil, et qui contribue à donner aux monumens antiques un caractère de majesté : en général le grain en est terreux, et la fracture inégale; elle préisente quelquefois des cavités pleines d'une stalactite calcaire {presque spathique, plus blanche que les

autres parties de la pierre ^ et d^nn grain ploi fin. Ces taches ont souvent un aspect de rëgvh laritë'i) ce qui a fait croire à quelques personnes n que le travertin renferme des corps marins ^ opi* k nion qui paroît peu fondée^ puisqu^on n^a trouvé ^ jusqu*à ce jour, dans cette pierre, aucunes soIm^ kr tances organiques de cette nature , et qu'on y \^ a seulement découvert quelques fragmèns de mm rt tières végétales ou quelques coquilles soit fluvial er liles , soit terrestres. Soldani observa à Rotm ) j dans une colonne de travertin quelques turbinitet fr terrestres qu'il décrit dans le tom. i, part. i.*i te pag. 17 de Touvrage précité. Dans les deux cet \\ Unes du Janicule et du Pincio , dont quelques |i parties sont renfermées dans les .murs de Rome, ^i De Buch remarqua quelques couches de tratertin ^ avec de petites élixes fluviatiles et des fragmèns ^ de substances végétales, de manière qu'on peut regarder cette formation comme très-étendue dans les environs de Rome. Je dois ajouter que les temples de Pestum , dans le golfe de Saleme , monumens les plus anciens que Ton connoisse après les pyramides d'Egypte, furent aussi bâtis avec du travertin semblable à celui de Rome. Dans quelques-unes des colonnes de ces temples travaillées à une époque où l'architecture n'en avait pas encore déterminé les justes proportions, j'ai observé des cavités qui contenaient quelques parties stalactitiques , comme on en voit dans le

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travertin de Rome , et qui démontrent ^origine de cette pierre. Il existe en Italie plueieurB autres Ebrmations de travertin qui ont été examinées par M/ Brocchi ^ ainsi qu^on peut le voir dana ion Catalogue raisonné cTune collection de roches 9our servir à la géognosie et Italie , Milan 1817, Q semble donc que Brongniart a eu raison de dire que la formation des terrains' d'eau douce k eu lieu plusieurs fois et dans diflFérentes parties du globe , et que beaucoup de roches .calcaires doivent leur origine à des dépositions qui se sont consolidées dans ce fluide.

§ 355. Cependant comme les eaux de nos lacs et de nos marais ne déposent qu^un limon léger et incohérent, qui après un long«temps acquiert tout au plus ce degré de dureté qui peut contenir aux tufs , je pense que les eaux dans lesquelles se sont opérées les dépositions pierreuses dont il s*agit ici , devaient être animées par quelque principe chimique qui les rendait capables de tenir en dissolution une grande quantité de matière calcaire. Ce principe chimique était probablement l'acide carbonique ou Thydrogène sulfuré , puisque nous voyons journellement l'opérer des dépositions pierreuses dans les eaux^ qui contiennent Tun de ces principes , comme pn le remarque dans la solfatara de Tivoli , aux anciennes dépositions de laquelle on doit attribuer Torigine du travertin; dans les bains de S.^

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Philippe ^. en Toscane , où se forme une senibUMprâ pierre ; et sur les collines de Ferentino dm» nw se Latium ^ où à une petite distance de quelqiMif lièor] sources sulfureuses ^ on trouve des couches h jbit travertin (Voy. Spadoni^ Observations faites èwB»^ r occasion (fun inyyage dans V ancien Latium ) aisa^ w^ que dans beaucoup d'autres contrées. 'tj^ -

§ 356. Les Tonna tions d>au douce présentcfliiq^ trois diverses espèces de substances ^ savoir , id ^ gypse, la pierre calcaire et le calcaire siliceolnu:^ Ces substances sont déposées ou en cou«^l^ successives dans les mêmes lieux, ou isoléme0lK> dans des endroits différens. Si les émanations n3 sulfureuses ou du gaz hydrogène sulfuré ont^ \ comme nous Pavons dit dans le § précédent, f concouru à la production de ces mêmes subs* o tances, il est très-faciie d'expliquer Forigine do \c sulfate de chaux. L'hydrogène sulfuré en se mêlant \ avec l'atmosphère , se décompose , et pendant « que l'hydrogène ou se dissipe , ou en se com- \ binant avec l'oxigène, produit de l'eau, le soufre en s' unissant à une autre partie du même oxigène, devient acide et se combine avec les ma* tières calcaires. Le calcaire d'eau douce est celui dont nous avons parlé au § 354. Les eaux chargées d'acide carbonique oii d'hydrogène sulfuré, dissolvent la terre calcaire et la retiennent dans cet état de solution tant qu^elles sont animées par l'un de ces deux principes; mais lorsque

principe par son contact avec Tatmosphère ^ n sépare ^ la terre calcaire se précipite et de réunion de ces précipitations succesûyes relient des niasses pierreuses calcaires. Dans cet asses, on observe souvent des cavités cylindriques régulières^ à peu près parallèles quoique sinneu*- ^ se dirigeant constamment de bas en hant, qui rappellent F idée d'un fluide gazeux qui dégageant du fond d'une boue^ en a traversé niasse pour arriver à la superficie. Le carao-^ e essentiel de ce calcaire est , comme nous irons dit, la présence des coquilles fossiles nblables à celles qui vivent dans nos fleuves dans nos marais.

g 357. Le calcaire silicifère abonde dans les rties siliceuses qui le coupent dans toute sortie directions et se lient intimement avec les pars calcaires. Bien que dans le calcaire silicifère^ ne trouve point les coquilles fluviatiles qui ractérisent le calcaire simple, Omalius de Halloy nsidère ces deux substances calcaires comme ant la même origine. Il conjecture que cette sence des coquilles fluviatiles dans le calcaire icifère , dépend peut-être de quelque cause iative à la nature du fluide dans lequel se posa le carbonate calcaire, et qui à cause de qualité qu'il avait de dissoudre la silice et în contenir une grande quantité ^ n'était pas opre à nourrir les corps vivans ; et il pense

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que les molusqaes testacées ne eauraient vivre dans les fluides de ce genre. Le même auteur t rapporte une observation curieuse et qui mérite ' d*étre vérifiée et étendue^ c^est que ces êtres organiques sont excessivement rares dans les terrains purement granitiques et éloignés des te^ . rains calcaires. U est certain que comme lecor u coquille se compose de calcaire^ là où cette (' substance est rare , les circonstances sont pea ~ favorables à leur développement. t

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