CHAPITRE LIX
Tableau des formations par MI Reuss.
§ 358. Je pense que les géologues seront bien Elises de connoître le tableau des formations que M/ Reuss a inséré dans sa Giognosie imprimée k Leipsic : c^est à cause de cela que j*ai placé ce tableau à la fin du troisième volume de cet ouvrage. Pour qu^on en puisse mieux saisir les détails ^ je dois prévenir que ce qui est écrit plus en dedans indique les substances subordonnées à celks qui figurent dans là ligne supérieure: par exemple, dans la colonne des formations du ^c/ri^^e^ on voit le quartz écrit plus en dedans au-dessous du granit , du gneiss et du schiste mi" cacé ; ce qui indique que le' quartz forme des couches subordonnées au granit , au gneiss , au schiste micacé. Dans ce tableau, il y a quelques résultats d'observations géologiques, très-précieux; Doais on y établit aussi des principes à raison desquels on peut élever bien des difficultés. Mon dessein n'^est pas d'examiner la partie purement hypothétique dans laquelle on suppose qu^à diverses époques, Teau a couvert la superficie terrestre U) ; j'ai discuté dans un assez grand détail
(i) G*e8t un principe du système vemérien que les eaux ont plusieurs fois couvert notre planète. Pendant leur ptemier séjour,
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rhypothèse de la fluidité aqueuse du globe; et dans le chapitre XXIX , je crois avoir démontré par beaucoup de faits géologiques ^ que quelques roches primitives sont tellement unies ensemble ^ que souvent elles se modifient Tune dam Fautre d'une telle sorte que leur formation doit appartenir au même système^ et que par corné» quent on ne saurait concevoir ces diverses fo* mations que de la manière que je Tai expliqué^,dans le § i8i. En outre ^ dans le tableau, oai^ distingue trois formations de calcaire primitif ^ l dont la plu» ancienne est indiquée par Texprei- jg sion de calcaire à gros grains, caractère qui ne paroît très-incertain. Pour ne pas aller chercher
les précipités chimiques cristallisés, qui sont les roches primitiveii eurent lieu. Dès-lors , le fluide commença à se retirer gradael" ^ lement, mais sa retraite fat quelquefois interrompue par dei j| périodes de repos , et encore par des éinodons partielles ou dei retours à sa première élévation. Ensuite la retraite du fluide devint générale , et elle réduisit peu à peu la mer à son niveau 11 actuel. Ce repos dtu-a quelque temj^s ; mais les eaux de nouveau ^ violemment agitées , s^ élevèrent rapidement et tumnltueutement ' jusqu*aux p^us hautes sommités où elles séjoi^mèrent ass^z longtemps pour que la formation trappéenne stratifiée pût s'effectuer, formation qui s*étendit d*une manière continue presque sur toute ^ la superÛéie dû globe , et qui fut déchirée et demeura interrompue ) lorsque les eaux «e retirèrent avec rapidité. Humboldt a obserrét en Amérique , à la hauteur de 14,700 pieds au-dessus du nivtan de la mer, dés basaltes qui appartiennent à la formation trap* péenne. Il convient donc' de supposer que les eaux parvinrent tout au moins à cette hauteuf» la deraière fois qu'elles coufrirent le globe.