LIVRE V. CHAÎ. LXn. l
celle d^agrégation , et qu*on doit bien plutôt considérer comme des précipités mécaniques que comme de véritables cristallisations chimiques qui supposent une solution préalable ( Yoy. ce qui est dit dans les §." Soy, 33i et suiv. ). Si Ton réfléchit que les granits contiennent souvent des pyrites ^ on ne peut point admettre Torigine des «ulfures métalliques de la manière que M/ Pallas le suppose. Au surplus, en traitant des volcans, pexposerai les difficultés auxquelles est sujette rhypothèse qui attribue leur embrasement aux pyrites : je me bornerai pour le présent à faire observer que quelques volcans se sont formés dans des terrains granitiques ; donc les matières qui les ont produits étaient ou renfermées dans le granit , ou placées au-dessous de cette roche. Les volcans ont fait sortir du fond de la mer des iles qui, par des éruptions successives, ont acquis une grande étendue. Ces volcans pourront encore par leurs éruptions répétées , former de très-hautes montagnes , comme cela est probablement arrivé pour une grande partie de la Cordillère , en Amérique , puisque dans cette grande chaîne de hautes montagnes , il y a plus de cinquante bouches ignivomes. Cependant une force explosive capable de mouvoir et.de soulever des chaînes de montagnes aussi grandes que nos Alpes , sans laisser partout les traces du désordre et de la confusion, est très-difficile à
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concevoir ) et devient encore bien plus inconcevable si Ton réfléchit qu^elle n^a formé aucun <;ratère. Une suite de siècles ^ pour si longue qu^on la suppose, pourra détruire les parties i fragiles d'un cratère , en effacer Timage ; elle .: pourra disperser les scories, les pierres ponces et t les matières incohérentes et terreuses qui auront » été vomies par le volcan ; mais elle ne pourra 9 pas faire disparoître les courans de laves qui forment des substances plus dures que le calcaire, e et qui offrent plus de résistance à la décompo* p sition que les roches granitiques. J'ignore s'il y p a de semblables courans de laves dans les Alpes ^ proprement dites , à moijis que ce ne soit dam \\ quelque lieu situé à la base de ces montagnes \ ainsi que je Tai déjà dit. Est-il possible en effet • qu'une force volcanique ait eu assez d'énergie pour soulever de grandes chaînes de montagnes . sans s'ouvrir un passage, sans former aucun ctatère et sans produire de nombreux courans de laves? Il y a plus; la formation d'une chaîne de montagnes ( Voy. BibU universelle , septembre 1816, pag. 3o) suppose une action directe, dans le même sens , sur une ligne plus ou moins étendue, quelquefois de plusieui*s centaines de lieues^ circonstance ou condition très-différente d'une action semblable à celle d'une mine ou d'un 1 volcan , laquelle aurait une centre ou un point autour duquel elle devrait s'exercer, et dont les