LIVRE V. GHAP*. LXV
qui a été avancé par Burguet. Les observations de Saussure ont été confirmées par celles de plusieurs autres naturalistes. M/ André ayant tra<- Tersé plusieurs fois et par différens chemins la grande vallée du Valais^ a remarqué que cette vallée ^ au lieu d*avoir dans les deux côtés des angles saillans et rentrans qui correspondent entr^eux^ s^élargit et se resserre cinq fois alter* nativement. J^ai répété dans la vallée d'Ossola ^ à la base méridionale du Simplon^ les observa-* tions faites par M/ André à la base septentrionale de la même montagne. Cette vallée dans le fond de laquelle coule la Toce qui se jette dan0 le lac Yerbano ou Majeur^ commence à la plaine supérieure d^Ossola, et se dirige du nord au sud jusqu^au pays de Yogogna; là formant presque un angle droit ^ elle prend la direction de Test à Fouest, quasi parallèle à celle de la chaîne générale des Alpes. Dans son étendue^ cette même vaUée se resserrant et s' élargissant quatre fois, présente tout autant de fertiles et délicieuses plaines , savoir ^ en partant du sommet où elle commence, et descendant vers le lac, les plaineii de Vergonte, de Prenesello^ de Guzzago et enfin d*Ornavasso. Pallas dans ses Obserçations sur les montagnes y pag. 42 ^ en parlant des montagnes de la Sibérie j assure encore que dans ces pays très-élevés j, il ne faut point chercher les preuves de la proposition de Burguet, renouvelée par
BufFon ; proposition qui est sujette à beaucoup d^exceptions ^ non-seulement dans les contrées granitiquesi) mais souvent aussi dans les montagnes i d'ordre secondaire. i
'% 391. Le Rhône après avoir formé le lac de !« Genève^ s^engage dans un étroit passage appelé ii la Chiusa ^ qui est une profonde coupure faite |oi dans la chaîne du Jura. La sommité de la mon-* \ tagne qui est à la droite du fleuve , s'élève à m 5oo toises au-rdessus de la superficie des eaux y bj tandis que la cime de la montagne qui est à 0 gauche n'a que 400. toises d'élévation. Le vide i qui existe entre ces deux montagnes a été cal« \ culé par M.*^ Louis Bertrand à 866,656^ooo toises !a cubiques. Attribuer aux eaux du Rhône la force p de rompre et de transporter les parties d'une si || grande masse excède toute vraisemblance. Or si l'on voulait supposer que dans le principe le Rhône coulait sur la sommité des montagnes ,^ et qu'il s'ouvrit peu à peu le passage qu'il occupe maintenant^ il faudrait admettre que toute la vallée du lac était remplie d'eau jusqu'à la hauteur des deux montagnes qui bordent le fleuve; supposition invraisemblable^ parce qu'il y a autour du lac I) des collines beaucoup plus basses sur le sommet desquelles les eaux auraient passé pour prendre un libre cours. On peut répéter la même observation dans divers autres lieux: i'en citerai un qui peut nous intéresser par son votôinâge.