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LIVRE V. CHAP.,LXV. l

L'Adda descendant des . montagnes de la Yaltel* line^) après avoir formé le lac du Lario, arrivant à la pointe de Bellaggio ^ se divise en deux branches dont Tune se dirige au sud et passe près dç Lecco; l'autre tournant d'abord au sud-ouest et }e dirigeant ensuite au sud aboutit à la ville de Côme. Du côté que nous avons nommé le premier , c'est-à-dire^ celui de Lecco ^ les eaux >nt une issue entre le mont Baro et le mont ttagianico. Si Ton voulait supposer que ces deux nontagnes étaient anciennement finies et qu'en- ^te les eaux les coupèrent en les corrodant >eii à peu ^ il faudrait imaginer le niveau du ac dans le plan de leur hauteur^ et dans ce sas les eaux se seraient écoulées du . côté de MEatgrate où commence la vallée de Madrère. [)âns les Pyrénées^ près les bains de S.* Sauveur, sn suivant la rive droite du Gave , on voit ce leuve encaissé à une très-grande profondeur entre cleux murs à face plane et verticale de petroiilex au pied desquels coule le torrent après i'être engagé dans le défilé ^ où Ton n'observe lucunê trace d'érosions ou d' abaissement ^ ce ]ui démontre que ce torrent a établi son lit dans me fente qui existait antérieurement (Yoy, JBibL iiit*, mai i8i5). Si l'eau s'était ouvert ce passage en creusant peu à peu la roche siliceuse^ on f remarquerait immanquablement les enipreintes des ancâennes corrosions.

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§ 392. Attribuer aux eaux actuellement courantes les grandes séparations des montagnes, et les ruptures qu'on y observe, c'est à moa a avis recourir à une cause qui n^est pas propor- ^ tionnée à l'effet qu'on veut expliquer. Playfair « dans la note aoa de son Explication de la théom tis cfe la terre par Hutton^ fait la description de cette pr singulière vallée de l'Ecosse, qui coupe l'île d'une fe mer à l'autre dans une étendue de 62 milles.*^ Cette vallée est presque droite et d'une largeur b: très-uniforme ^sauf vers ses deux extrémités oè 'f elle s'élargit considérablement. Elle est bordèo i par deux montagnes qui forment deux chainei continues très-élevées ^ comme les digues d'oa fleuve. Sa direction coïncide avec celle des couches verticales qui composent les montagnes latèrakiL Si nous voulons supposer plein ce qui est maintenant vide, il faudra imaginer une colonne d'eau qui ait reçu une impulsion capable de vaincre la résistance d'un mur de 62 milles d'épaisseur. Comment expliquer en outre par l'action de Teau^ la formation de ces cirques ou vastes espaces circulaires renfermés de tous côtés par de hantet ^roches escarpées qu'on observe fréquemment dtni les Alpes, ou de ces pics et de ces pyramides d^ forme colossale et isolés dont les parties contigoëi semblent avoir été emportées pair une cause quel* conque, bien qu'on n'en retrouve point les fragmens à la base. Le Mont-Kosa est composé d'uii^

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série non interrompue de pice gigantesques presque égaux entr^eux , qui forment un vaste cirque et renferment dans leur enceinte la vallée dite Macugnaga. Le diamètre de ce cirque pris du milieu de la grosseur de ses murs^ est d^environ 5 mille toises. Les cirques des Alpes peuvent être comparés par leur grandeur et leur beauté ^ à ceux des Pyrénées appelés Ouïe (0. On peut voir les belles descriptions que Ramond a faites dans le Voyage au Mont-^Ferdu , des Ouïe d^Estaubé^ de ^ Gavarnîe et surtout de celle d*Héas , immense r st superbe amphithéâtre qui a plus de deux lieues [de circuit^ et dont les parois s^élèvent à une j hauteur de huit à neuf cents mètres. Les eaux I en transportant en bas les matières qu*elles dé-* I tachent des parties supérieures des montagnes , I doivent remplir les vides de la superficie qu^elles parcourent, et ne peuvent point former des en-* foncemens circulaires fermés de toutes parts. Le lac de Vallenstadt qui coupe presque transversalement la direction des Alpes, forme une vallée d'environ 4 lieues de longueur. On voit bien, dit tbei, qu'un \pareil déchirement exige un appaleîl de forces qV on ne saurait évaluer par le calcul. les fleuves , quelque énergie qu'on leur suppose, Be peuvent point produire de semblables efifets.

(l) Mot dérivé du latia olla ^ c'est-à-dire, chaudière 9 pour inêqoMr U tugolière coxnfiguration de ces yallont*

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On doit en dire autaut des deux lacs Larîo eC m Verbano : il me paroît abdurde de supposer que FAdda et le Tesin qui entrent dans ces lacs et en sortent ^ aient creusé les deux profonds bas- . k sins quMIs remplissent de leurs eaux. 1

§ 393. Cette force qu^on né peut imaginer & dans les eaux courantes^ a été cependant attri« ■ buée par beaucoup d'autres naturalistes à la e masse immense des eaux : de la mer lorsqu'elle abandonna une partie du continent pour ea aller occuper une autre. Dans ce grand cata" clysmci) les eauTC ont donc rompu les. chaînes des montagnes et creusé les. vallées. On peati cette hypothèse opposer une observation . bica simple. Plusieurs fleuves en sortant d'une valléev poursuivent leurs cours à travers la plaine dans un lit continu et uniforme ! tels sont le Pô ^ U Brenta, TAdige^ etc. Mais souvent, à rendroit où la vallée débouche dans la plaine^ il y a quelque enfoncement du sol , d'une profondeur et d'une étendue considérables , qui forme une autre vallée plus profonde , et qui arrête pen- dant quelque temps le cours du fleuve. Alort les eaux doivent rem[)lir toute la cavité , y déposer les terres , les sables , etc. , qu'elles ont transportés de T intérieur de la vallée et reçus des rivières et des torrens; et en sortant limpides et claires^ reprendre leur cours. Souvent elles conservent encore leur nom, comme celles dtf

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