LIVRE IV. CHAP. XLVin. l
pierreuses. Quelques résidus organiques de la formation de transition ainsi qu^un grand nombre de la formation secondaire ne nous laissent aucun doute sur la nature de Tagent qui a donné aux molécules ^ leur mobilité ^ avant la nouvelle combinaison. Le même agent a donc dû exercer son influence dans la formation du granit, puisque nous ne le perdons plus dé vue en partant de ce point, et que nous le voyons toujours cornparoftre sous quelque modification.
g 297. Quelque belle et ingénieuse que soit ridée de De Buch sur la manière de considérer les roches connexes entr^elles et passant les unes aux autres par des modifications presque insensibles , je ne puis être d'accord avec lui touchant la conséquence qu^il en déduit relativement au granit dont il attribue l'origine à Teau , quoiqu'il ne s'explique pas clairement, sur ce point. Le granit pourra être le premier anneau de la chaîne qu'on a imaginée , liant ensemble les roches ; et du granit ainsi que des autres roches primitives , nous pourrons passer, si nous le voulons , par des gradations insensibles aux roches de transition et secondaires , quoique dans la formation de celles dites primitives, l'action de l'eau fluide n'ait nullement influé; et il ne me paroit pas que cette diversité d'action doive nécessairement interrompre la série qu'on voudrait établir. Désirant d'assigner une raison plausible à
cette doctrine du passage d^une roche à une autre ^ et à cette chaîne de substances pierreuses peut-être bien plutôt créée par notre imagination, qu'indiquée par la nature , il me semble que nous pouvons considérer les degrés de la cristallisation con^me Ta fait De Buch , mais en fondant nos raisonnemens sur d** autres principes. Si la cristallisation est à son plus haut degré d*intensité dans le granit, et si elle s^affoiblit peu à peu dans les autres roches des formations po&r térieures, cela paroît indiquer que la matière est passée par beaucoup de degrés de susceptibilité de cristallisation , que peu à peu elle est devenue incapable de se cristalliser, et que son plus ou moins d^ aptitude à la cristallisation^ doit être attribué au plus ou moins de liberté dont elle a joui. A Tépoque de la formation granitique , la matière était dissoute par le calorique; elle se trouvait donc dans un état de parfaite liberté , et la cristallisation fut générale et la plus grande : à mesurç que le calorique diminuait, la fluidité de la matière décroissait et avec elle son aptitude à la cristallisation.
§ 298. Du reste, dans la même période des formations primitives , période à laquelle la matière terrestre , vu sa fluidité ignée, jouissait d'un état plus libre et plus propre à la cristallisation ^ si dans quelque lieu , par Finfluence de circonstances particulières ) comme la compression,