‹ Institutions géologiquesChapitre 8 sur 203 · LIVRE IV. CHAP. XLYIII. l · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. XLYIII. l

ie resserrement^ la soustraction subite du ca-* lorique, etc.^ son état de liberté venait à diminuer^ il en résultait des formations de roches non cristallisées : comme au contraire ^ si aux époques des formations postérieures^ où les roches cristallisées ne se montraient plus , parce qu^en général la matière terrestre ne jouissait pas du degré de fluidité nécessaire , si ^ dis-je , dans quelque lieu ^ un courant extraordinaire de calorique ou le concours de quelqu' autre cause communiquait à une masse de matière ^ le degré de fluidité convenable ^ les formes de la cristallisation ne tardaient pas à se reproduire dans ce lieu. D'après ce principe^ on peut^ ce semble , rendre raison de ces phénomènes qui , eu géologie^ ofirent quelquefois de si grandes difficultés ^ et de ces observations faites depuis peu de temps , et qui paroissent être directement opposées aux idées reçues sur la position des roches primitives. Dans quelques parties du globe^ aa milieu de ces roches, on a trouvé des couches sablonneuses ou des pierres qui semblent composées de fragmens de roches plus anciennes. Entre Airolo et FHospice du S.* Gothard , c'est-à-dire , dans une contrée primitive, Saussure a vu une roche formée d'une pâte aréneuse et granulafre qui renferme des amphjiboles et des grenats , substances encore elles-mêmes caractéristiques de la formation primitive^ Dans le voyage de Mawe

l6 INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.

dans rintèrieur du BrèsiKO, il est fait mention d^une arénaire qui alterne avec des couches de schiste micacé; et souvent même au milieu des granits, dans les périodes des formations cristallisées, on trouve des couches subordonnées de roches dans lesquelles on ne distingue aucune trace de cristallisation. On peut donc admettre sans difficulté , que pendant qu^en général les roches primitives de ces parties de la superficie terrestre , se cristallisaient par Teffet du refroidissement , la cristallisation ne put s** opérer dans quelque lieu à cause des obstacles qu^elle rencontra , en sorte qu il en résulta une masse granuIairjB. Les vapeurs aqueuses dont nous avons parlé au § 96, unies à quelque principe chimique

(i) Je ne saurais dire si Farénaire du Brésil dont parle Mawe et qui alterne avec les schistes micacés ^ est la même que celle qui est connue des lithologues sous le nom de grès élastique , ou flexible , ou pliant du Brésil. Si. cela était, Topinion de Daubuisson qui regarde le grès flexible du Brésil comme un schiste micacé dans lequel le mica a disparu presqu*entièrement y serait confirmée y et cette substance devrait être considérée comme une roche primitive , composée de grains de quartz engrenés les uns dans les autres et réunis par une foible agrégation , d*où dépend ce petit degré de flexibilité qu^on observe dans cette pierre lorsqu'elle est taillée en plaques assez minces, flexibilité qui est encore commune à quelques marbres calcaires dans lesquels la cohésion des parties a été a£Ebiblie par quelque combinaison naturelle, ou même artificielle. Klaproth ayant fait Tanar lyse du grès du Brésil, n'y a trouvé que de la silice et une trèspetite dose d*aliimine et d*oxide de fer provenant du mica.

Lnnus iT. cHip. xltiii. 17

Voy. § 97 ) 1 pouvaient contribuer à rawem-- ^ler ces sables, et à leur donner une forme Ta^^égation. Au contraire nous avons rïipporté lu § 20 1', les' observations faites par De Buch , en Norvège , où il vit la siènite et le granit superposés au calcaire coquiUier ^ ainsi que celles de Brongniart , de Hausman , de Raumer et de Bonnard ^ desquelles il résulte qu^en quelques lieux le granit est superposé à des roches noncristallisées ou intercalé dans ces roches. Je soupçonne fortement comme* je Tai déjà dit^ que quelques-unes de ces roches sont volcaniques^ et toutes les fois que j^entends parler de roches cristallisées superposées à des. terrains déformation récente , je me rappelle de cette fameuse roche de Borghetto dont j^aurai occasion de parler ailleurs, et qui est remplie de substances cristallisées ^ repose sur un terrain d^alluvion ^ et n'est autre chose qu'un courant de lave. Mais si Toa ne veut point accorder cette origine aux roches dont il est ici question, il est facile d'expliquer leur formation de la manière que je F ai dit, c'est-à-dire, en recourant à la force de cristallisation dont Finfluence est redevenue active toutes les fois que la matière s'est trouvée avoir le degré de fluidité nécessaire. Cette fluidité qui suffisait à la cristallisation , et qui dans la première période résultait de la seule chaleur , mais intense , pouvait s^ reproduire quelquefois dans

Page 1