‹ Institutions géologiquesChapitre 76 sur 203 · LIVRE V. CHAP. LXVIII. ai · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAP. LXVIII. ai

d^Olassen et Povel8en(Voy. leur Voyage enislande). Berth a vu plusieurs parties de la superficie de la lave vomie par le volcan de Tîle de Bourbon , en 1791 ^ et principalement les fentes de cette lave couvertes de muriate de soude cristallisé. De Buch dans la relation qu^il a donnée de Féruption du Vésuve, laquelle eut lieu en i8o5 (Voy. Bihl. brit., tom. 3o, pag. aSa ), rapporte qu^ ayant tenté d'entrer dans une fente que présentait un cône situé ^ans le cratère du volcan, et qui avait trois ou quatre pieds de longueur, il en fut empêché par une chaleur insupportable , et qu'il vit les parois de cette fente tapissées d'une croûte de snuriate de soude de deux ou trois pouces d'épaisseur. Le même auteur observa que la superficie de la lave qui sortit le nS juillet suivant, était couverte de muriate d'ammoniaque , et présentait dans quelques endroits , le muriate de cuivre qui avait paru en très -grande quantité sur la lave de l'année précédente. A ces faits certains et incontestables, j'en joindrai un beaucoup plus singulier , et qui peut-être paroîtra équivoque à quelques personnes. Le savant chimiste Proust dans une lettre dont le fourncU de physique, tom. 55, pag. 4^7 ^ contient un ex-» trait , dit que Garcias Fernandez a prouvé quo les environs de Burgos , capitale de la vieille Castille , sont entièrement volcaniéés , circonstance qui n'avait été remarquée par aucun de»

dl4 IKSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.

Baturalistes qui ay aient antérieurement parcouru TEspagne. Les fameuses mines de sel gemme de Foza près de Burgos ^ qu^on exploite pour le compte du Roi d^Espagne ^ sont situées dans le centre d*un grand cratère: Fernandez y a recueiOi des basaltes^ des olivines^ des pierres ponces, dei pouzzolanes, des argiles cuites, etc., et entr^autrei choses fort singulières , un morceau de fer du poids d'environ ao livres. Devra-t-on penser qu^oa volcan se soit allumé au milieu d*une mine de sd ta sans la détruire, ou qu'une énorme masse de sel i ait été produite par un volcan? Véritablement ces deux propositions sont également étranges; il faut cependant que Tune ou Tautre soit vraie^ si les faits sont tels qu'ils ont été rapportés , faits que Tautorité d'un chimiste comme M.' Proust rend très-probables. L'invraisemblance de la prc- |i mière opinion nous force à embrasser la seconde. § 4^5. Quelques naturalistes pour expliquer l'origine des sels muriatiques , pensent que ces substances salines proviennent des eaux de la mer qui pénétrent dans les entrailles des volcans. - J'ai toujours regardé non-seulement comme hypothétique, mais encore comme inadmissible cette communication de la mer avec l'intérieur des volcans ; et depuis fort long-temps j'insiste sur ce principe que- plusieurs substances volcaniques qu'on considère comme simplement rejetées par les volcans , en sont de véritables produits , et

iiyK£ y. CHÀ?. Lxvin. ai 5

résultent des combinaisons infinies qui ont lieu dans ces immenses et très-actifs laboratoires de la nature. Indépendamment de Tacide muriatique^ on trouve encore dans les volcans^ Tacide sulfurique , la potasse^ Tammoniaque ou alcali volatil et autres principes chimiques. Est-il vraisemblable que les sels des eaux marines puissent se dissoudre dans les vapeurs des volcans qui contiennent en si grande abondance les substances que nous venons de nommer et qu^ils puissent se sublimer sans se décomposer? De Buch après avoir exposé le phénomène du muriate de soude du Vésuve^ ajoute: ce Voilà un exemple biea > lumineux de la sublimation de ce sel laqudle » on a niée si long-temps et avec tant d^obsti- » nation. » Si par le terme de sublimcuion , il a voulu donner à entendre que ce muriate de soude procède de la mer ^ je ne saurais être de son avis. Mais dans la suite ^ nous aurons occasion de faire un examen plus détaillé de ce phénomène. On peut déduire ^ ce me semble^ de ce qui précède , que le muriate de soude qui se trouve dans les terrains primitifs^ a pu être produit à Fépoque de la consolidation du globe ^ par les vapeurs muriatiques qui se sont développées en abondance dans quelque partie de la masse terrestre ( Voy. § 97 ).

% 406. Parmi les courans gazeux qui se développèrent à cette époque ^ il est très-vraisemblable

ai6 INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.

qu^l y en avait aussi de gaz hydrogène sul' furé qui, s'il se t;i:ouve en contact avec quelque quantité d'oxigène ou avec F atmosphère ^ passe à Fétat d'acide sulfurique et se combine bientôt avec la première terre qu'il rencontre. De cette manière ont pu être formés les gypses des roches primitives , et si dans celles-ci on trouve encore 5 les sulfures, comme cela se vérifie dans beaucoup ^ de granits, dans quelques marbres calcaires pri- ji, initifs et dans d'autres roches de la m^me époque, ; il est facile d'en assigner la cause. Si l'hydrogène | «ùlfuré a rencontré l'oxigène , il s'est formé de j l'acide sulfurique; mais s'il s'est trouvé en con- t, tact avec une substance métallique, comme par exemple avec le fer, le cuivre, etc., l'hydrogène s'est dissipé et le soufre (0 dans l'état de vapeur s'est combiné avec la substance métallique , et a produit les sulfures. On ne doit donc pas être surpris si dans les terrains primitifs y outre le gypse, on trouve encore les pyrites, et quelquefois même le soufre qui dans la décomposition de l'hydrogène sulfuré s'est précipité. Dans la nouvelle Grenade, Humboldt a observé le soufre au milieu d'une couche de quartz qui traverse

(i) Suivant les principes posés par Lavoisier, le soufre était considéré comme une substance simple ; mais diaprés les expé* riences de Davy, il paroît que c^est une combinaison d'une petite quantité d'hydrogène et d*oxigène avec une très-^grande qaaotité d'une base particolière qu'on nU pu encore déterminer.

Page 1