‹ Institutions géologiquesChapitre 82 sur 203 · LIVRE y^ CHAP. LXX* a3i · texte numérisé non relu

LIVRE y^ CHAP. LXX* a3i

Bombre de fleuves trèe-considérablee ont leur

embouchure ^ et dont la plus grande profondeur

n^excède pas 80 pieds , sont peu salées. Suivant

les observations faites par ^ilke à Landskrona ,

la gravité spécifique des eaux du Sund lorsque le

vent du levant souffle, est entre 1,0047 ^^ 1^0060,

tandis que par un vent de nord-ouest , elle monte

à 1 ,01 89 , parce que dans ce dernier cas les

eaux de la Baltique se mêlent avec celles de la

mer du Nord. - ' >

§. 41^- Il ^^ paroît plus vraisemblable de peà-» ser que les substances salines contenues dans les eaux de la mer , furent produites au commencement par de grandes combinaisons chimiques de leurs élémens ( Voy. chap. XVI ), et que ces combinaisons en se répétant journellement et en petites quantités , conservent la salure de la mer à peu près au même degré en compensant les pertes. Peut-être les élémens qui contribuent principalement à ce phénomène , sont-ils Tazote et Thydrogène qui, à la première époque du globe^ produits sous la forme gazeuse , formèrent de grands courans , et qui dans ^ Fétat actuel des choses , peuvent se développer par la décomposition soit de Teau^ soit de tous les corps organiques animaux et végétaux dont la mer est peuplée. Suivant Kant Ç Géographie physique, tra-*^ duction italienne, tom, i , pag. 1 69 ) , Pazote se dégage en abondance des eaux de la mer, et cet

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élément contribue à la prodaction du nitre^ la*' quelle est constamment accompagnée de celle dvk sel inarin qui ^ans quelques nitres bruts sur^ passe la quantité de vingt pour cent. Humboldt dit avoir observé dans les vastes plaines de la Gujavie ^ que Facide muriatique, se forme danr Fatmosphère comme Tacide nitrique. Le même auteur dans son Voyage . à la Nouvelle Espar \ ghe Si observé que depuis le lac de Cuiséo^ qui ; est chargé de muriate de soude et exhale de rfaydrogèhè sulfuré, jusqu^à la ville de Yalladolid, sur une étendue de terrain de quarante lieues carrées , il y a une grande quantité de sources chaudes qui ne contiennent généralement que de Facide muriatique. ' Que si Fon veut admettre avec Davy, que Facide muriatique résulte de Fhydrogène combiné avec le principe qu'il a appelé donne y et que d* autres ont nommé mwio ou murigène^ il me paroît très-probable que cette combinaison ait facilement lieu dans de grandes maissés d^eau où Forganisation tant animale que végétale, en décomposant toujours une partie d^eaa, laisse en liberté quelqu^un de ses principes.

§ 4^ 3. Des décompositions et de nouvelles combinaisons produites par les diverses affinités dès substances qui viennent à contact spécialement «ous la forme vaporeuse ou gazeuse, ont lieu journellement dans Fatmosphère comme dans la m^t. De là résultent de nouveaux corps, plus oa

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moins abondans selon le concours des circons-^ tancés qui facilitent ou provoquent ces combinaisons. C'est ainsi que nous voyons le nitre ou k sel marin se former dans la pierre calcaire et éompacte de Molfetta dans la Fouille^ et dans lès tufs calcaires de Gravina au royaume dé Na« pies ; c'est ainsi qu^au dire de Pallas ^ les eaux de quelques lacs de la Sibérie de douces qu^elles étaient autrefois^, sont maintenant devenues salèès; Le savant général Andréossy dans son Voyage à V embouchure de la mer JVbire, publié à Paris ch 1818, page 62 V cite le lac Moeris (aujourd'hui lac Caron)^ jadis réservoir d'eàù douce pour Tirrigation des terres ^ dont les eaux sont maintenant plus salées que celles dé la Méditerranée»; et selon lé témoignage de Strabon\ lés lacs amers de r intérieur de Fisthme de Suez étaient autrefois remplis d'eau douce. Le sol de F Afrique depuis FÊgypte jusqu'à la mer Atlantique abonde en sel , et dès' les teinps d'Hérodote '^ les eau:t qui baignaient la base dés pyramides^ étaient salées. Dans beaucoup d'endroits de la Perse ^ de F Arménie^ et spécialement sur lés rivages de la mer Caspienne et du lac Aral , on voit fleurir le .sel marin. Plusieurs grandes plaines qui font partie des immenses déserts situés au centre de l'Asie^ sont couvertes d'efflorescences muriatiques cristallisées: en forme de lichens. Mais écoutons de nouveau Andréossy : on voit dans lés déserts

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qtti séparent TÊgypte de la Syrie , des terrain» et des lacs salés: ces derniers ont été exploités de temps immémorial par les tribus arabes do Toisinaget les sels qu^ils renferment^ doivent donc s*y renouTeler. Les lacs de Natron dana les déserts de la Lybie sont exploités depnîf très-4ông-temp8 , et il est reconnu que le nir l tron et les autres sels que ces lacs contieflh|^^ neqt^ s*y reproduisent par suite d'une déeonHj)^ position du sel marin , que la nature opèri L[^ d'elle même et dont un habile chimiste , U! L^ Berthollet ^ a donné Texplication. Plus loin sur II L communication de la deuxième Oasis à SiwahJ^ un voyageur a trouvé en 1812 un lac incomiiL à la géographie. U a environ trois lieues de long I g sur une et demie dans sa plus grande largeur ^L et son eau est excessivement salée. A ces exemples on peut joindre celui de la mer Morte ^ doot Teau est plus salée que celle de toute autre mer. ^^ Les combinaisons qui produisent les sels^ ontliea non-seulement dans la mer, dans les lacs et dam quelques parties de la superficie terrestre , maii encore dans lés corps organiques^ lorsque quelques l circonstances particulières favorisent ces comhi*' ^ naisons. Dans les actes de la Société italienne, tom. i i3, part n , il y a un Mémoire deMoscad oi ^ ce savant physicien rapporte Phistoire d^un homme l qui à rage de 66 ans avait une fdaie à Fiifi |^ de ses pieds , et qui pendant le cours de six moi» ^

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ie tnalaclie qui précédèrent sa mort, vendit tant ie muriate de eoode qu'on put en recueillir cinq ivres de la onces, dont trois suintèrent de la 3laie, et deux furent extraites de la salivé, outre ine quantité notable qui se perdit surtout dans e commencement de la maladie. La conclusion le r auteur précité est que Forganisation vitale Plia individu malade produit dans ce cas ^ un ^Tiénomène analogue à celui que la nature nous ^ffre dans la formation du sel marin. Ajoutons {ue la production spontanée des sels est un phè« lomène si compliqué que nous ne pourrons jama» ^expliquer sans recourir aux combinaisons chimiques.

§ 414. Il y a lieu de croire que les combilaisons d^oti résulte le muriate de soude, peuvent ivoir lieu de la manière que nous Pavons d^jà fit plusieurs fois , que le concoui*s des circonstances propres à produire , même à présent, ïette substance , est très^réquent , et qu'il est rès-vraisemblable que le sel marin contenu dans es eaux de la mer en partie y a toujours existé, roîïime nous Pavons expliqué ci-dessus, et en partie y est journellement produit par une comnnaison de ses principes qui s^opère dans cet mmense réceptacle. Le développement de ces principes, leur intensité et leurs nombreuses combîlaisQns devaient être sans comparaison beaucoup »lus considérables lorsque le globe n^avait pas

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encore pris Fétat permanent qn*oh y yint àujonp* |^ d^hui^ et que les opérations dé la nature n^avaioft pas un cours , pour ainsi dire ^ régtilier. Il cet donc probable que pendant que les roches 8é* eondaires se formaient ^ et^ que la superficie du globe se consolidait dans quelques-unes de 9ei parties ^ il y eut sious les eaux de la mer pii* mitive^ des émanations trè^-intenses qui proc^ dant de Tintérieur encore: chaud de la terre (4}^^ •e mêlèrent avec les précipitations , et donnèreit ' naissance à ces nombreux dépôts de sel que nov trouvons aujourd'hui. La mer à laissé des tracei certaines de son séjour presque sur tous les poinii de la superficie terrestre ; mais il s'en faut bict que les dépôts de muriate dé'soude soient, aàfltt fréquens que ces traces , ce qui démontre qu'une autre circonstance que le séjour de la mer a dA concourir à leur production; et cette circoiis-j* tance me paroît avoir été celle de copieuses 'éma- ' nations salines qui par quelque combinaison de principes ont eu lieu plutôt dans un endnnt ^

ïïm

(i) Que la chaleur intérieure du globe ait influé sur la foK<- \ mation des dépôts salins , c'est ce que Hutton déduit de la dureté ^ et- de la compacité des roches salines. Il pense que la seule précipitation du sel aurait formé au fond de la mer, ou def masses granulées , on un amas de sels détachés , sans solidité oa cohérence, et que la transformation de ces masses en rodici •oUdes aurait requis TappUcation d*une chaleur capable de Icf mettre en fusion. Il me parolt que la cristallisation confusa waxét pu produire le m^me effet.

que dans un autre, ont continué pendant long^ temps et sans interruption dans quelque site , et se sont renouvelées par intervalles dans quelqu^autre. Le muriate de soude ne se montre pas dans toutes les lavés des volcans , et s'il se manifeste dSEins une. lave , il n^est pas également copieux dans toutes lès parties de cette lave. Avec cette kyipôthèse on -peut aisément rendre raison de. ^elques phénomènes que présentent les mine» jde sel dans lesquelles Fargile forme des couches qui alternent avec celles du sel , est quelquefois mêlée avec cette substance , et en contient sou*vent des morceaux en forme de rognons^ de sorte que la précipitation de Targile doit être contemporaine de la formation du sel. Il y a aussi des mines de sel qui présentent de circonstances d'une telle nature , qu*il est très-di£Bcile de pouvoir les expliquer par d^autres principes. M.' Cordier dans les Annales' des mines ^ 2.^ livraison 1817^ s donné la description de la montagne de sel gemme de Cardonne en Espagne , laquelle est composée de muriate de soude , d'argile et de gypse: tous <:e8 matériaux sont disposés en couches verticales et parallèles posées sur la tranche. La montagne est isolée, mais en observant les couches des roches secondaires qui Fentourent, on voit que si on les suppose prolongées, elles viendraient l^couvrir en gisement transgressif ( Voy. la note da § 322 ) les tranches verticales des couches

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salines et gueuses. On ne saurait attribuer aux dépositions Torigine des couches verticales , et ai nous supposons que pendant que les roche» secondaires qui environnent la mine de sel , se formaient ^ il s^opéra de copieuses émanations sa*lines dans Tendroit où cette nûne est placée, il BOUS sera facile de concevoir non-seulement Foii* 1 £ gine des couches verticales de la mine ^ iDai||lii «Qcore la conformation des couches environnanti%

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